-
✴︎
Najat Vallaud-Belkacem : «La situation des écoles marseillaises relève d’une incurie au long cours et hors norme»
Article rédigé par Marie Piquemal pour Libération, le 29 mars 2019 : https://www.liberation.fr/amphtml/france/2019/03/28/najat-vallaud-belkacem-la-situation-des-ecoles-marseillaises-releve-d-une-incurie-au-long-cours-et-h_1717724
L’ex-ministre de l’Education raconte comment elle a tenté en 2016 de tordre la main à Jean-Claude Gaudin pour que des travaux soient faits dans les écoles de sa ville.
En 2016, au lendemain de la une de Libé sur l’état calamiteux des écoles marseillaises, Najat Vallaud-Belkacem, alors ministre de l’Education, commandait un audit aux services de l’Etat pour avoir une vision précise de l’état du bâti des 444 écoles marseillaises, dont l’entretien est de la compétence de la ville. Ce diagnostic, que nous révélons aujourd’hui, n’avait pas été rendu public.
Aujourd’hui en retrait de la vie politique, Najat Vallaud-Belkacem sort de sa réserve pour raconter les difficultés rencontrées à l’époque, pour obliger la municipalité marseillaise à faire les travaux. Elle a répondu à nos questions par mail.
Comment a été réalisé cet audit des écoles marseillaises ?
Nous avons déclenché les choses le 4 février 2016 avec notre lettre de saisine adressée au préfet à qui il était demandé de réaliser un état des lieux des risques sanitaires, d’hygiène ou de sécurité auxquels élèves et enseignants pouvaient être confrontés dans un certain nombre d’écoles.
Des visites conjointes des services académiques et des services techniques de la ville ont alors été organisées, sur la base d’un premier recensement alimenté par nos services comme par les remontées des associations (fédérations parents d’élèves, collectifs etc.). Puis un tableau de suivi a été mis au point. Suivi de réunions régulières entre services pour décider des travaux et de leur calendrier. Ce tableau a fait l’objet d’un suivi resserré jusqu’en mai 2017. Ensuite je ne sais pas ce qu’il en a été fait.
Avez-vous été surprise ou inquiète des informations qui vous ont été remontées à l’époque ?
Pas surprise, non, compte tenu des alertes qui nous ont conduites à agir. Mais inquiète, forcément, même si nous n’avions pas de situation de péril imminent repérée.
Quels enseignements en avez-vous tirés ?
Qu’une partie du patrimoine scolaire marseillais était laissée à l’abandon depuis des années, avec une forme d’indifférence incroyable.
Au-delà de l’état du patrimoine, le plus surprenant était de constater que cette ville, au fil des ans, n’avait absolument pas adapté les superficies scolaires à la démographie. En d’autres termes, il n’avait quasiment pas été construit de classes supplémentaires pour accueillir les effectifs pourtant manifestement croissants du début des années 2000 – à une époque où, c’est vrai, cela arrangeait bien le gouvernement de l’époque qui supprimait des postes d’enseignants par dizaines de milliers… D’où, au-delà de l’état matériel des bâtiments, des classes surchargées.
Que s’est-il passé ensuite, après cet audit ?
Des travaux en urgence ont été faits par les services municipaux, un plan de travaux plus conséquent a été programmé avec des marchés publics, et la ville a lancé son plan de reconstruction des écoles de type «Pailleron», les plus dégradées, avec l’outil Partenariat public-privé qui a été ensuite contesté.
Le maire Jean-Claude Gaudin a-t-il été coopératif ?
Disons que dans un premier temps, il a fallu tordre la main de la mairie de Marseille, dont la toute première réaction a essentiellement consisté à minimiser les problèmes («Je ne dis pas qu’il n’y a pas ici ou là un robinet qui fuit mais de là à parler d’indignité !» etc.) et à dénoncer une «polémique politicienne et manichéenne organisée à l’encontre de la ville de Marseille».
Puis Jean-Claude Gaudin a semblé prendre conscience qu’il ne pourrait pas tenir longtemps cette position ubuesque. Il est devenu plus «coopératif», d’autant que sortant de la simple répartition des compétences, nous (l’Etat), décidions de mettre plusieurs millions d’euros au service de ces travaux. A partir de là, la difficulté a surtout été d’être contraints par des délais très serrés pour décider des travaux urgents qu’il nous paraissait indispensable de réaliser pendant les congés scolaires.
Aviez-vous les moyens juridiques de le contraindre ?
Seulement en cas de péril imminent constaté, la compétence des bâtiments scolaires relève en effet exclusivement des collectivités.
Est-ce que les moyens juridiques de l’Etat, dans ce type de situation, sont suffisants ?
En mode normal oui, les élus ne sont pas irresponsables. La situation marseillaise, comme pour le logement, relève d’une incurie au long cours et hors norme.
Votre successeur, Jean-Michel Blanquer, a annoncé qu’un nouvel audit serait fait. Le vôtre ne suffisait-il pas ?
Cela permettra de reprendre le travail puisqu’il semble que deux ans ont été perdus… C’est l’une des conséquences du grand chamboule-tout qui consiste à faire, par principe et pour la galerie, l’exact contraire de son prédécesseur : on traite avec mépris des sujets qui auraient nécessité une vraie continuité d’impulsion politique et, ce faisant, on les laisse s’enliser…
Donc, malgré ce temps perdu clairement, mieux vaut tard que jamais : le ministre ne peut rester spectateur, il a lui aussi la responsabilité de protéger les élèves et les enseignants. Et il a lui aussi le devoir de veiller à ce qu’il n’y ait pas en France, comme le disait à l’époque Charlotte Magri (l’enseignante qui avait écrit en janvier 2016 une lettre ouverte pour dénoncer l’état de son école marseillaise, ndlr) «une école de riches et une école de pauvres».Marie Piquemal
-
✴︎
Ecoles marseillaises : la surenchère des audits
Par Stéphanie Harounyan, correspondante à Marseille et Marie Piquemal — publié le 28 mars 2019 à 11:37 sur le site de Libération : https://www.liberation.fr/france/2019/03/28/ecoles-marseillaises-la-surenchere-des-audits_1717893
En 2016, la ministre de l’Education nationale demandait à ses services un diagnostic précis de l’état des établissements de la ville, pour certains délabrées. «Libé» en donne le contenu, jusqu’ici tenu secret. Trois ans après, Jean-Michel Blanquer annonce un nouvel audit, et la mairie surenchérit.

Et un, et deux, et trois audits sur les écoles marseillaises ! Ce mercredi, la mairie de Marseille a créé la surprise en annonçant qu’elle mettait au vote du conseil municipal du 1er avril une délibération actant la réalisation d’un «diagnostic technique des bâtiments scolaires». Pourquoi maintenant, alors que le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a annoncé en novembre le lancement d’un audit sur l’état des écoles marseillaises ? Justement, «parce qu’on en a marre des procès politiques menés par les élus d’opposition et relayés par les responsables de l’Etat dans le département, s’est énervé mercredi Yves Moraine, chef de la majorité LR au conseil municipal. Alors que nous considérons que cette majorité fait le nécessaire pour l’entretien des écoles !»
L’Etat qui vient mettre son nez dans les écoles marseillaises, ce n’est pas une première. En 2016 déjà, le ministère de l’Education nationale avait déjà lancé un diagnostic listant les travaux d’urgence à réaliser dans les écoles de la ville. Un document jamais sorti des couloirs du ministère. Libération en révèle aujourd’hui le contenu et pose les questions qui vont avec.
Que contient ce premier audit de 2016 ?
Au lendemain de la une de Libération, «Ecoles de Marseille : la honte de la République», la ministre de l’Education, Najat Vallaud-Belkacem, sous pression, envoie un courrier au recteur et au préfet pour «identifier les urgences particulièrement criantes au vu notamment de la potentielle exposition des élèves à des risques de nature sanitaire et sécuritaire […] Puis, établir un programme de travaux à moyen terme permettant une remise à niveau du parc d’établissements de premier degré marseillais». Un audit est lancé, pour permettre au ministère d’avoir une vision précise de la situation, l’entretien des écoles étant du seul ressort de la municipalité. Dans son courrier, la ministre exige un suivi «sous un mois», la situation «particulièrement préoccupante nécessite une réponse rapide et cohérente».
À lire aussi : L’interview de Najat Vallaud-Belkacem
Ce document, censé être la base de travail pour la programmation des travaux, n’a jamais été rendu public. «Il avait vocation à rester en interne et dans les services de la mairie, le rendre public les aurait mis encore plus en difficulté», explique l’entourage de Najat Vallaud-Belkacem. Sauf que les associations et les élus de l’opposition, tenus à l’écart, en sont venus à douter de ce travail de recensement. «On ne l’a jamais vu, ni même vu circuler. Pourtant, ce n’est pas faute de l’avoir demandé», se désolait mardi soir, Séverine Gil, de la principale association des parents d’élèves des écoles marseillaises, MPE 13.
Cet audit existe bel et bien, Libération a pu en consulter une version. Il se présente sous forme de tableau Excel, avec la liste des 444 écoles marseillaises d’un côté, et de l’autre, différents intitulés amenés à évoluer au fil des semaines. «Le rectorat le complétait au fur et à mesure des remontées qui nous avions, de la part des associations de parents d’élèves, inspecteurs d’académie, syndicats de profs… Mais aussi, des travaux, petits et gros, programmés par la mairie.» La colonne bleu turquoise précisait si les travaux étaient «susceptibles d’être subventionnés par les crédits de la politique de la ville». Dans la version que nous avons consultée, on trouve aussi une colonne intitulée «suspicions d’amiante» : 38 écoles répertoriées. 38 aussi où des nuisibles (rats) ont été repérés. Problèmes de chauffage dans 65. Une vingtaine d’établissements sont aussi estampillés «bâtis délabrés» ou en mauvais état. Au total, 114 écoles sur les 444 d’alors avaient été identifiées en 2016 comme nécessitant des travaux d’ampleurs différentes.
Document L’audit des écoles de Marseille en 2016
A-t-il servi à quelque chose?
Oui, si on en croit Danièle Casanova, l’adjointe au maire déléguée à l’éducation. «On avait fait des visites dans les principales écoles signalées. Des travaux avaient été faits et ça avait donné satisfaction.» Racontée rue de Grenelle, la partie semble avoir été plus laborieuse… Dans les mois qui suivent cet audit, des réunions d’étape ont bien été organisées entre la préfecture, le rectorat et les services de la ville de Marseille… A la lecture de plusieurs comptes rendus de réunion que Libé a pu consulter, la même impression : préfecture et rectorat ont bien ramé pour obtenir des informations et des engagements de la municipalité. «Nos interlocuteurs habituels étaient tous présents, en revanche aucun d’entre eux ne semblait avoir été informé à l’avance de l’objet de cette réunion, à savoir préparer la rencontre (avec préfet-rectorat-mairie) en vue de faire un point sur l’avancement des programmations de travaux dans les écoles de Marseille.» L’Etat a beau aligner des aides publiques conséquentes, la municipalité traîne des pieds. «Les services de la ville semblent décidément mal à l’aise avec les procédures permettant de capter les subventions « proposées » par l’Etat.» A l’époque, la rallonge budgétaire de 6 millions d’euros de l’Etat a tout de même été utilisée… «De l’argent a été débloqué d’un coup, reconnaît Séverine Gil, un brin désabusé. On a vu le premier effet Kiss Cool avec Najat Vallaud-Belkacem. Sauf que depuis, plus rien. Tout est retombé. Trois ans après, on est revenu au même point. On attend toujours le deuxième effet Kiss Cool.»
Pourquoi l’Etat veut-il faire refaire un audit ?
Quelques jours après l’effondrement rue d’Aubagne, en novembre, voilà que le ministre Jean-Michel Blanquer promettait, à son tour, de se saisir du problème des écoles marseillaises… en commandant un audit ! Mais pourquoi en refaire un ?
«L’audit de 2016 sert de base de travail, l’idée c’est de le compléter pour une remise à jour», explique le cabinet du ministre. Début mars, un questionnaire a été adressé cette fois aux directeurs des 444 écoles marseillaises. On y reparle problème de chauffage, nuisible, électricité… En revanche, la case «suspicions d’amiante» a disparu. A ce jour, il y aurait déjà 360 remontées en provenance des directeurs d’établissement. Un diagnostic «tout sauf objectif», peste Yves Moraine : «On demande à des directeurs de se prononcer sur des choses pour lesquelles ils ne sont pas compétents.»
À lire aussi :Amiante à l’école : «une bombe sanitaire à retardement»
L’élu est d’autant plus en colère qu’il considère que la manœuvre du ministère illégale. Entre-temps, la députée LREM de Marseille Cathy Racon-Bouzon a déposé un amendement à la loi sur l’école de la confiance : «Le gouvernement remet au Parlement, avant le 30 septembre 2019, un rapport sur l’état du bâti des écoles maternelles et élémentaires à Marseille», indique le texte, qui doit encore être voté par le Sénat fin avril. «Ils donnent des instructions sur la base d’une loi non votée, ce qui est quand même extravagant !» peste Yves Moraine. Autre extravagance pour l’élu, l’implication de l’Etat sur un dossier pourtant de la compétence municipale. Pour lui, la «constitutionnalité» de l’audit ministériel «mériterait d’être analysée». De rage, la mairie a annoncé ce mercredi qu’elle lançait son propre audit «neutre», mené par des bureaux d’études «spécialisés, indépendants et agréés par les ministères». Un coup de griffe municipal qui va coûter tout de même 6 millions d’euros. A moins que l’Etat en paye la moitié comme le suggérait, sans gêne, la majorité municipale mercredi.
Stéphanie Harounyan correspondante à Marseille , Marie Piquemal
-
✴︎
✴︎ ArgumentaireMéthodologie proposée pour l’Audit
Nous nous félicitons une première fois de la mise en place de cette « cellule » pilotée par Monsieur FLODROPS, nous considérons qu’elle ne pourra avoir de réelle utilité que si elle intègre les membres actifs (citoyens ou organisations) du collectif.


Nous nous félicitons une seconde fois de la mise à l’ordre du jour par la majorité d’une délibération au prochain Conseil Municipal du 1er avril intitulée « Réalisation d’un diagnostic technique des bâtiments scolaires de la Ville de Marseille » pour ouvrir une autorisation de programme de 6 millions d’euros, et demander des financements à l’état !

Nous avons d’ores et déjà, avec l’aide des compétences internes au collectif qui nous font bénéficier de leur retour d’expériences, mis en place une méthodologie et une organisation sur l’appropriation de la connaissance du patrimoine en vue d’établir un Plan Pluriannuel d’Investissement nécessaire à notre patrimoine bâti scolaire.
Nous sollicitons la ville et le rectorat pour que nous puissions proposer des solutions concernant :
• Audit technique visuel homogène de l’ensemble du patrimoine
• Audit d’usage (enseignants + territoriaux + parents d’élèves)
• Audit socio-démographique des besoins en bâti scolaire
• Établissement d’un plan d’urgence de maintenance corrective (travaux urgents pour une mise aux normes ou répondre à des inaptitudes fonctionnelles)
• Établissement d’un plan pluriannuel d’investissement sur l’ensemble du patrimoine
• Organisation pérenne de la maintenance préventive des bâtimentTravail préparatoire
L’action préalable est de définir précisément la liste du patrimoine, de récoler et d’organiser la masse d’informations à disposition au sein de la collectivité :
- Carnet d’identité de chaque établissement
- découpage en mode constructif distinct (une bâtiment scolaire historique + un bâtiment annexe plus récent)
- pour chaque découpage : les grands travaux, dates importantes
- Plan masse
- Connaissances apportées par les regards extérieurs :
- Audits divers
- Rapports des Bureaux de contrôle avec les réserves émises
- Derniers rapports des commissions de sécurité
- Liste des appels effectués auprès du service AlloMairie
Les établissements seront prévenus de la venue et de l’identité de la personne qui interviendra au sein de l’établissement. Un questionnaire sera joint à l’information pour récoler les attentes du personnel enseignant et territorial sur leur établissement. Ce document devra être renseigné et remis le jour de la venue du technicien.
Audit technique visuel homogène de l’ensemble du patrimoine
Cet audit doit être réalisé par des sachants professionnels du bâtiment. Ce audit est visuel (ni démontage, ni sondage, ni mesure) et répond à une grille d’appréciation définie pour l’ensemble du parc.
Une grille de 150 points d’audit a été élaborée au sein du collectif. Pour chaque point sont déterminés les niveaux de vétusté proposés, et pour chaque niveau de vétusté, sont précisés des critères visuels d’appréciation afin d’objectiver le regard du technicien. Au delà des niveaux d’appréciations classiques (par exemple A remplacer, Mauvais état, Etat correct, et Parfait état), des appréciation subsidiaires peuvent être indiquées telles que par exemple la nécessite de création ou mise en place, ou bien un défaut d’entretien courant.

Chaque point est rattaché à une ou plusieurs thématiques proposées (Sécurité des biens, Sécurité des personnes, Attractivité, Amélioration, …)
Le technicien sera mobile, équipé (prévoir lampe, échelle, car celles-ci sont souvent inaccessible sur site (vol, cadenassé mais la clé est perdue, …) et devra s’être assuré auparavant de pouvoir accéder aux installations techniques particulières (Chaufferie, Local ascenseur, …). L’appareil photo en haute résolution sera le principal outil du technicien. Une photo embarque un nombre inconsidéré d’informations qu’un calepin aussi grand puisse-t-il être ne pourra égaler.
La grille de diagnostic sera établie en papier privilégié à une solution tablette : Le regard et l’attention du technicien devront être consacrées à son appréciation du bâtiment ainsi qu’à l’écoute de la personne de l’établissement qui l’accompagnera. Cette personne devra idéalement être une personne du personnel enseignant. Un rapide tour de l’établissement avec celle-ci sera effectuée afin de prendre connaissance des locaux, d’être identifié auprès du personnel et des enfants. Ce premier tour rapide au pas de course donnera une première appréciation de l’ensemble de l’établissement ainsi que du ressenti des fonctionnels.
Le technicien réalise alors son audit technique en se référant à sa grille papier et avec la prise très importante. Un pourcentage est établi si la pathologie est ciblée sur une partie du composant (par exemple dégradation partielle d’un bardage). Des points de vigilance liés à l’entretien courant sont également proposés (par exemple une crapaudine obstruée, un défaut présent sur la centrale d’alarme).
Le technicien confronte sa vision avec celle du carnet d’identité établi du bureau, et apporte les modifications nécessaires.
De retour au bureau, le technicien renseigne sa vision technique dans l’outil centralisateur ainsi que les photos les plus représentatives. Un plan de travaux est établi avec des coûts estimés sur la base de ratio qui tiennent plus d’indicateurs que de devis. Chaque programmation de travaux est associé à une ou plusieurs thématiques (Urgence, Sécurité des biens, Sécurité des personnes, …). Par retour d’expérience, le laps de temps entre la visite sur site et ce travail bureau, est bénéfique à l’appropriation générale. Il est toutefois nécessaire d’effectuer la saisie juste après la visite sur site (jour-même ou lendemain).
Audit fonctionnel
Cet audit doit être réalisé par les sachants à savoir le personnel enseignant et le personnel municipal de l’établissent.
Ce audit concerne les conditions de travail et les demandes d’amélioration, et s’appuie sur le document envoyé à l’établissement avec l’information sur la venue du technicien.
Audit usager
Cet audit est réalisé par les sachants à savoir les parents d’élèves.
Un cahier de doléances aura été mis à disposition au sein de l’établissement et ce dès le début de la démarche. L’analyse de ce cahier de doléances sera réalisé par le technicien. Une réunion d’échanges avec les parents volontaires au sein de l’école avec le technicien et le personnel (un enseignant et un municipal), cette réunion réalisée à la fin de l’audit technique technique et fonctionnel présentera les rendus aux parents et devra donc intégré les doléances ensuite des parents.
Audit socio-démographique
Une étude démographique sera réalisée afin d’établir une liste des besoins en classe voir établissements sur le territoire de la ville. Cette étude devra également intégrer la carte isochrone de chaque école avec les équipements de la ville culturels afin d’établir une éventuelle programmation de construction.
La programmation de travaux
La première étape est de mettre à disposition l’ensemble des résultats d’audit par établissement sur une plateforme publique accessible à toutes et tous.
La seconde étape consistera à proposer à la collectivité un plan d’action :
- Un plan de travaux d’urgence : concernent les travaux décelés tels quels et pour lesquels des risque de danger pour les personnes ont été décelés.
- Un plan d’études complémentaires : concernant des points de d’audit qui nécessiteraient des investigations supplémentaires.
- Une amélioration des contrats d’entretien
- Un plan de travaux « Internes » qui relèvent plus de défaut d’entretien courant (actions à mener en interne ou prise éventuelle de contrat d’entretien)
- Une programmation de travaux (à court terme (à moins de 3 ans par exemple), moyen terme (de 3 à 6 ans), à long terme (à + de 6 ans)
- Une hiérarchisation/regroupement des travaux
- Étude des possibilités de subventions (Amélioration des Performances Énergétiques)
- Besoin en construction
Ce qu’il faudrait également
- Assistance pour le lancement des consultations
- Assistance pour le suivi des travaux
- Assistance pour la gestion des contrats et la maintenance au travers d’un outil de gestion technique
- Assistance pour le suivi et l’organisation de la maintenance préventive
- Refaire l’audit technique 3 ans après
- Carnet d’identité de chaque établissement
-
✴︎
✴︎ ArgumentaireMILLE SABORDS ! Fin Infra et son outil Excel (suite)
Nous vous avions raconté dans un précédent post comment FIN INFRA, la cellule du ministère de l’économie avait procédé à un ménage d’hiver pour ôter toute référence à la company Marsh de son simulateur Excel utilisé par les collectivités pour justifier les PPP de plusieurs centaines de millions d’€, voir 1 milliard pour le cas de nos écoles.
Bon bah c’est comme le sparadrap du capitaine Haddock, le ménage est fait … presque fait … il reste encore un petit bout : dans les propriétés du document Excel, la société renseignée demeure toujours : « Marsh & McLennan Companies » … dommage …
Le document est téléchargeable sous la dénomination « Modèle financier v5-1 » ici :
https://www.economie.gouv.fr/fininfra/epmrBon maintenant, nous allons voire temps de réaction des parisiens du ministère Ministère de l’Économie et des Finances, de l’Action et des Comptes publics…
Nous sommes le mercredi 27 mars, et il est 10h31. Allez …
En tout cas, nous, nous vous donnons rendez-vous devant le conseil municipal lundi matin à 7h43 pour le deuxième conseil municipal de l’année !
Marsh : https://www.marsh.com/lu/fr/about-us/who-we-are.html
mais aussi : https://www.latribune.fr/…/le-courtier-marsh-transige-au-pr… -
✴︎
✴︎ ArgumentaireUne délibération concernant l’audit à l’ordre du jour
La Ville va faire passer au prochain Conseil municipal une délibération intitulée « Réalisation d’un diagnostic technique des bâtiments scolaires de la Ville de Marseille » pour ouvrir une autorisation de programme de 6 millions d’euros, et demander des financements à L’ETAT !!!
Méfi tout de même : ce n’est que l’ouverture d’une autorisation de programme. C’est en gros une opération de coquetterie budgétaire, pour imager, c’est comme si on avait ouvert une boite d’archive avec écrit dessus « diagnostic écoles ». Et la Mairie possède pour 3,7 milliards d’euros (!) d’autorisations de programme. Inutile de vous préciser que la plupart restent des boites vides.
Il faut maintenant que nous nous mobilisions pour qu’ils lancent un marché correspondant, et que l’Etat vienne finalement bien en soutien à cette initiative…
Nous avançons !!
A suivre !!
A lire sur Marsactu
-
✴︎
✴︎ ArgumentairePetit point sur les PPP …
A la suite de l’audience du 29 janvier du tribunal administratif au cours de laquelle le rapporteur public a conclu à l’annulation de la délibération du conseil municipal du 16 octobre 2017 approuvant le recours à un partenariat public/privé pour trente-quatre écoles primaires marseillaises, et avant que le tribunal administratif annule effectivement la délibération le 13 février, il semble que les têtes pensantes de FIN INFRA se soient interrogés sur le bien-fondé des outils qu’ils mettaient à disposition des collectivités et particulièrement leur simulateur de risques que notre haut-fonctionnariat de la ville de Marseille a cru bon de manipuler sans trop comprendre.
Le site de Fin INFRA : https://www.economie.gouv.fr/fininfra
Le site de la page du simulateur : https://www.economie.gouv.fr/fininfra/epmr
La Mission d’appui au financement des infrastructures, dite FIN INFRA, est officiellement créée par décret en 2016. Ancrée à la direction générale du Trésor du ministère de l’Économie, cette structure prend le relais de la MaPPP et devient la cellule nationale d’expertise sur le financement des projets d’investissement public complexes. Elle est au service de L’État et des collectivités territoriales.
FIN INFRA est une cellule qui compte à ce jour huit personnes, autour de son directeur Cyril FORGET (administrateur civil) et est organisée en 3 pôles dont les directeurs de projet sont:
- Pôle financier: Caroline BURES et Louis-Gonzague MELCHIOR (responsables financiers)
- Pôle juridique: Pierre GUILLOT (responsable juridique)
- Pôle économie et maîtrise d’ouvrage: Frédéric BOBAY (attaché d’administration), , Yann LE TOURNEUR (ingénieur en chef des Ponts, des Eaux et des Forêts), Antoine TARDIVO (ingénieur général des Mines).
L’équipe bénéficie par ailleurs du soutien de Madame Solange BAROUK comme assistante.
Petit aparté : Nous avions récompensé Salim Bensmail, le précédent directeur, par le Pantouflage d’Or. Voilà … 8 personnes, et plus précisément 2 personnes pour traiter des aspects financiers … Nous savons que la qualité pime sur la quantité mais tout de même.
Revenons à nos écoles. L’un des points marquants dans la décision du Tribunal Administratif porte sur la valorisation des risques faite par les hauts-fonctionnaires de notre ville, cette valorisation a été faite sur la base de lois probabilistes appliquée sans aucun recul ni modération dans les résultats, bien entendu favorables au PPP.
Nous avions abordé ce sujet dès juin 2018 :
Explication de l’évaluation (fantasque) des risques Il est alors intéressant de constater que depuis février 2019, le nouveau directeur a cru bon de remettre à plat tout le site de FIN INFRA et d’apporter quelques améliorations au simulateur Excel décrié par notre collectif (nous tenons à préciser que le simulateur avait évolué qu’une seule fois en 10 ans et uniquement sur des aspects à la marge de la simulation à savoir Fonds de compensation de la taxe sur la valeur ajoutée – FCTVA).
Et bien là, en deux mois, deux évolutions :
Février 2019
Nous l’avons passé en revue, aucune modification particulière hormis les messages d’avertissement, le gommage du logo Marsh, toutes les lois de probabilités concernant les bâtiments sont identiques à la précédente versions sauf l’occurrence du risque de modification d’un programme qui visiblement a chagriné notre Antoine ( Antoine Tardivo, qui a été directeur de FIN INFRA le temps de transition entre Salim et le nouveau directeur Cyril) (Mais bon entre temps que nous écrivons cet article, il semble que Cyril soit reparti comme Directeur adjoint du cabinet du ministre d’Etat, ministre de la Transition écologique, bref on s’y perd.
Effectivement, l’occurrence du risque était de 90% dans le fichier v4 en loi MOP, ce qui équivaut à dire que selon eux 9 fois sur 10, le programme fonctionnel évolue en cours d’études et construction engendrant une augmentation des coûts et délai (les délais sont également au final valorisés en coût). Antoine a jugé ce taux d’occurrence trop élevé, et a mis un taux plus raisonnable de 20% (rien que ça !). Nous pourrions même dans notre cas des écoles le mettre proche quasi nul : se planter dans le programme, équivaudrait à rajouter une classe, ou oublier lors des études un escalier, enfin bref, nous n’allons pas vous refaire le caractère abscons de ces probabilités dans le cadre d’une construction d’une école … ce passage de 90% à 20%, provoquerait une baisse significative de l’impact valorisé de ce risque de modification en cours d’études et construction qui se verrait divisée par 4 à 5. Sachant que les autres risques sont à des probabilités d’occurrences beaucoup plus faibles, l’impact sur le résultat final est majeur sur la valorisation des risques dans sa globalité.
Ceci est représentatif du danger à vouloir piloter par Excel, nous aurions pu attendre de la ville à ce qu’elle fasse ses propres ratios sur la base de son retour d’expérience de construction d’écoles. Nous construisons plusieurs écoles par an.
Mars 2019
La nouvelle version du document Excel précise cette fois l’avertissement suivant à l’ouverture du document Excel :

En clair, FIN INFRA ne prend même plus de risques, c’est ceinture et bretelles :
Tout d’abord la ceinture : Le fichier excel est réservé aux utilisateurs qui sont en mesure de confirmer les paramètres utilisés. Bref, je défie nos fonctionnaires de la ville de justifier l’usage de la loi de weibull pour la construction d’une école.
Ensuite les bretelles : à défaut de la première, il propose toutefois de faire une approche en « valeur moyenne » (dans le jargon doigt mouillé mais pas trop). Attention celle-ci sera jugée insuffisante si la dimension du projet est significative (capex>30M€), pour les néophytes que nous sommes capex signifie capital expenditure, traduit en français dépense d’investissement, ou plus simplement « investissement » … Quand nous savons que l’investissement nécessaire pour les PPP des écoles est estimé à 507 Millions d’€ (coût estimé de la construction des écoles), nous « supposons » que le document Excel n’est (vraiment) pas taillé pour le projet des PPP des écoles Marseillaises.
Fermez le ban !
Et on ne vous parle même pas de la petite phrase : « Fin Infra décline toute responsabilité quant à l’utilisation de cet outil dès lors que l’acheteur n’en aura pas fait un usage conforme. »
Bon courage les amis de la mairie si vous souhaitez faire appel au jugement du Tribunal Administratif. En tout cas, FIN INFRA a bien ouvert le parapluie.
Bien entendu nous conservons au chaud les différentes versions du simulateur histoire de les voir évoluer … c’est de bonne guerre :
https://collectif-pour-la-renovation-des-ecoles.fr/wp-files/FININFRA/ -
✴︎
« Tout retard dans la rénovation ou l'entretien des écoles à Marseille peut avoir des conséquences graves »
Article de Christophe Casanova pour La Marseillaise, lundi 25 mars 2019, http://www.lamarseillaise.fr/marseille/education/75579-ecoles-de-marseille-la-ville-doit-prendre-ses-responsabilites
Le lundi 1er avril, les élus d’opposition, Benoit Payan (PS) et Jean-Marc Coppola (PCF), vont soumettre au conseil municipal une délibération sur la rénovation des écoles. Entretien croisé.
Après l’annulation en justice de la délibération sur le Partenariat public privé (PPP) pour rénover 34 écoles GEEP suite à un recours du collectif acontre les PPP, devenu aujourd’hui Collectif pour la rénovation des écoles, le combat continue à Marseille. Alors qu’un audit des écoles a été amendé dans la loi « Pour une école de la confiance » par la députée LREM, Cathy racon-Bouzon (lire son entretien ici), des élus d’opposition marseillais présenteront au prochain conseil municipal une délibération « populaire et citoyenne » portée par une sur la base de la pétition citoyenne lancée l’an dernier sur le site change.org et signée à ce jour par près de 13 500 citoyens.
Pourquoi avoir relancé votre campagne pour la pétition sur les réseaux sociaux ?
Benoit Payan : Il faut revenir à la génèse déjà : on a fait cette pétition et la délibération attenante afin que les Marseillais par le truchement du règlement du conseil municipal, déposent une délibération » populaire et citoyenne « . On s’y prononce contre le Partenariat public privé voulu par la Ville et on lui demande d’entamer immédiatement la rénovation des écoles. La règle veut qu’il y ait 10.000 Marseillais signataires.. On les a et on le fera donc le 1er avril…
Jean-Marc Coppola : Elle a connu un succès en ligne et dans sa version papier maintenant avec plus de 13500 signatures. Entre les signatures en ligne et papier, on devrait en présenter près de 15 000. Cela montre le soutien et la mobilisation autour de cette question et on veut encore l’amplifier. Car au-delà de sa prise en compte ou non par le maire, il faut entendre cette exigence citoyenne très forte.
Depuis les choses ont évolué, avec la décision du tribunal sur le PPP ?
B. P. : Oui, le tribunal l’a jugé illégal, donc on n’en parle plus, cet aspect a été gagné de manière judiciaire. Ce serait bien de l’acter en conseil municipal mais pour le reste on repart à zéro.
J-M. C. : Après 24 années de laxisme, il y a urgence à rénover. On a perdu trop de temps et cette urgence va au-delà de ces écoles qui ne représentaient que 10 % des établissements marseillais et 9 arrondissements sur 16.
B. P. : La délibération demande un audit rapide et une rénovation immédiate des écoles qui en ont le plus besoin. La mairie était prête à injecter 1 milliard d’euros pour 34 écoles, il n’y a pas de raison pour que l’on ne mette pas tout de suite quelques millions pour les travaux d’urgence.
On ne doit plus attendre, se cacher derrière des délibérations, des écrans de fumée judiciaires, des appels qui n’aboutiront pas. Quand on est maire ou adjoint au maire de Marseille depuis 25 ans, on doit prendre ses responsabilités.
J-M. C. : Ne pas considérer l’école, c’est ne pas reconnaître les enfants. La question de la considération que l’on a pour les enfants à Marseille est posée. Cela doit être une priorité.Selon vous pourquoi rien n’est fait ?
B. P. : Parce que ce n’est pas une priorité. Parce que la mairie a fait de sa politique, une politique spectacle où l’on vend Marseille sur du papier glacé. où l’on fait une patinoire olympique, où l’on mise tout sur les croisiéristes, où l’on nous fait croire que le Stade Vélodrome est la 8e merveille du monde. Mais l’essentiel n’est pas traité. On ne fait pas une ville pour les habitants, on la fait pour qu’elle brille sur des magazines.
J-M. C. : L’équipe actuelle n’a pas une vision d’avenir pour les Marseillais. Elle est dans une logique de recomposition, elle cherche à attirer ceux qui l’intéressent sur une base électoraliste. Nous pensons au contraire que tous les Marseillais, quel que soit l’endroit où ils habitent, doivent être considérés de la même façon. Ce qui revient à lutter contre cette inégalité qui caractérise la ville et qui fait aussi le lit de ceux qui sont dans la ségrégation, la xénophobie, la discrimination. Nous voulons une ville égalitaire, fraternelle, solidaire et nous nous devons de traiter toutes les écoles publiques de la même façon.Un audit des écoles est inscrit dans la loi pour une école de la confiance. Vous en pensez quoi ?
B. P. : On va attendre que ce soit voté… On est en première lecture, je ne sais pas si le Sénat va la voter conforme, si ce n’est pas le cas il y aura une navette, avec une deuxième lecture à l’assemblée nationale qui peut avoir le dernier mot, et ensuite il y aura la commission mixte paritaire. Cet amendement a encore beaucoup de chemin à parcourir.
J-M. C. : C’est ce que je demande avec mes camarades communistes et du Front de Gauche depuis des années à travers un plan pluriannuel d’investissement, c’est bien qu’aujourd’hui, des institutions d’état que ce soit le Rectorat, via la direction académique, ou le Préfet s’en empare. J’ai envie de dire, il n’est jamais trop tard pour bien faire, même si l’Etat avait déjà une responsabilité. Tant mieux donc, cela veut dire que quelque part, les mobilisations qui existent autour de l’école, le jugement du tribunal administratif, font bouger un peu les lignes. Mais il y a une véritable urgence à agir. On ne peut pas attendre la fin du mandat, l’appel, ou je ne sais quoi. Je ne veux pas faire de parallèle osé et déplacé par rapport à l’habitat indigne et le drame de la rue d’Aubagne, mais en même temps mesurons bien que tout retard qu’il y a dans la rénovation, dans l’entretien, la maintenance des écoles publiques à Marseille est préjudiciable et peut avoir des conséquences graves. On ne peut pas avoir comme image Marseille attractives sur des activités de pointes etc… et même temps avoir des écoles publiques en décrépitudes.Vous pensez que l’état doit prendre la main ?
B. P. : Il doit y avoir à un moment donné, des gens qui se mettent autour de la table. Chacun ne peut pas se renvoyer les responsabilités. Il faut qu’il y ait l’Etat, la mairie de Marseille, peut-être les autres institutions, mais il faut un plan d’urgence, il faut quelque chose à la dimension de la situation. J’aimerai que la majorité prenne ses responsabilités parce que c’est sa compétence. Et lorsque l’on est compétent et responsable, on est le premier au front. Force est de constater que la mairie n’y est pas. Elle a perdu devant le tribunal administratif sur les PPP et elle ne bouge plus…
Ch. C.
-
✴︎
À Marseille, le collectif Pour la Rénovation des Ecoles veut être associé au projet
Écrit par Christophe Casanova, pour La Marseillaise, le jeudi 14 mars 2019, http://www.lamarseillaise.fr/marseille/education/75437-a-marseille-le-collectif-pour-la-renovation-des-ecoles-veut-etre-associe-au-projet

Loin de la philosophie du PPP, le collectif PRé estime que le projet de rénovation des écoles doit être porté par les préoccupations des citoyens. Photo archives LM Un mois après avoir obtenu l’annulation en justice de la délibération du conseil municipal sur le partenariat public-privé, le collectif Pour la Rénovation des écoles poursuit son action.
La satisfaction était palpable mardi dans la maison du syndicat des architectes des Bouches-du-Rhône. Il faut dire que pour le collectif opposé au partenariat public-privé (PPP) voulue par la municipalité Gaudin pour rénover 34 écoles, les motifs ne manquent pas depuis l’annulation de ce projet, le 12 février : « Modification de l’algorithme du logiciel de calcul des PPP du ministère de l’économie ; amendement à l’assemblée nationale ; réponse favorable de la Ville à la demande d’audit des services de l’éducation nationale (DSDEN). »
« Quelque chose d’utile »
« Un enterrement en première classe » se félicitent Pierre-Marie Ganozzi (FSU) et le collectif, qui entendent désormais passer à l’étape suivante : la rénovation de toutes les écoles. Au-delà de la symbolique du nom, le collectif No-PPP devient le collectif PRé (Pour la Rénovation des écoles) avec l’idée que « tout cela est inédit et doit déboucher sur quelque chose d’utile ».
Une projection qui passe, a court terme, par « cette cellule en cours de création au sein de la DSDEN » pour piloter l’audit. Du côté de la DSDEN, si on réfute le terme de cellule, assurant que « l’on travaille sur ces questions depuis plusieurs années », le dossier est confié à Jacques Flodrops, directeur académique adjoint. Le collectif PRé veut y être associé, notamment les parents d’élèves, qui ont déjà entamé un travail de collecte dans les écoles ; le syndicat des architectes, qui propose une méthodologie pour la réalisation d’un véritable audit technique et les représentants des enseignants.
L’échéance du 1er avril, date du prochain conseil municipal, est aussi dans les têtes. Les élus d’opposition Benoit Payan (PS) et Jean-Marc Coppola (PCF) y présenteront une délibération sur la base de la pétition « face à la privatisation de nos écoles, un autre projet est possible ! ». à ce jour presque 11 500 personnes l’ont signée*.
Viendra ensuite le temps législatif avec le passage devant le Sénat, courant avril, de l’amendement glissé par la députée (LREM) Cathy Racon-Bouzon dans la loi « pour une école de la confiance » D’ici là, la Ville aura sans doute clarifié ses intentions. L’appel (non suspensif) de la décision de justice n’a pas encore été déposé. La mairie a jusqu’au 13 avril pour le faire.Ch. C.
-
✴︎
D006E-98/0602/CESS
VILLE DE
MARSEILLE
REPUBLIQUE FRANCAISE

DEPARTEMENT DES
BOUCHES-DU-RHONE

EXTRAIT DES REGISTRES DES DELIBERATIONS DU CONSEIL MUNICIPAL

Séance du 20 Juillet 1998

PRESIDENCE DE MONSIEUR, Jean-Claude GAUDIN, Maire de Marseille.
L’Assemblée formée, Monsieur le Maire a ouvert la séance à laquelle ont été présents 76 membres.
98/0602/CESS
DIRECTION GENERALE DE L'ARCHITECTURE ET DES BATIMENTS COMMUNAUX – DIRECTION
DES EQUIPEMENTS TECHNIQUES DU BATIMENT – Travaux de rénovation et de modernisation des installations de chauffage du groupe scolaire "La Maurelette" – Boulevard Simon Bolivar – 13015 Marseille – Approbation de l'autorisation de programme – Lancement d'un appel d'offres ouvert – Approbation de l' avant projet sommaire.
98-230-ETB
– o –
Monsieur le Maire, sur la proposition de Madame l'Adjoint délégué à l'Education et à la Petite Enfance, soumet au Conseil Municipal le rapport suivant :
Afin de préserver le fonctionnement et le rendement des installations de chauffage dans les bâtiments communaux, la Ville de Marseille doit renouveler chaque année une partie de son matériel.
Les locaux du groupe scolaire LA MAURELETTE sont chauffés de manière inefficace avec un dispositif ne répondant plus aux exigences actuelles en matière de fonctionnement, de rendement, d'économie d'énergie et de sécurité.
Il est donc nécessaire de procéder au remplacement des radiateurs et des tuyauteries ainsi qu'à la modernisation de la chaufferie.
Il est proposé, en vue de la réalisation de ces travaux, de recourir à la procédure de l'appel d'offres ouvert conformément aux articles 296 à 298 du Code des Marchés Publics. Le marché qui résultera de cette procédure sera conclu à prix global et forfaitaire.
La dépense globale sera imputée au budget 1999 nature 2313, fonction 11.
Telles sont les raisons qui nous incitent à proposer au Conseil Municipal de prendre la délibération ci-après :
LE CONSEIL MUNICIPAL DE MARSEILLE
VU LE CODE GENERAL DES COLLECTIVITES TERRITORIALES VU LE CODE DES MARCHES PUBLICS, LIVRE III
OUí LE RAPPORT CI-DESSUS
98/0602/CESS
DELIBERE
ARTICLE 1 Est décidée la réalisation de l'opération de rénovation et de modernisation des installations de chauffage du :
Groupe Scolaire LA MAURELETTE , BD Simon Bolivar 13015 Marseille.
ARTICLE 2 Est approuvée l'autorisation de programme estimée à 0,64 MF TTC valeur juin 1998, et dont les crédits de paiement sont prévus en totalité en 1999.
ARTICLE 3 Est autorisé, pour l'exécution des travaux, le lancement d'un appel d'offres ouvert conformément aux articles 296 à 298 du Code des Marchés Publics, sur la base de l'avant-projet sommaire ci-annexé.
ARTICLE 4 Monsieur le Maire, ou son représentant, est habilité à signer le marché qui résultera de l'appel à la concurrence ainsi que tout marché négocié consécutif à la décision de la Commission des Marchés de déclarer l'appel d'offres infructueux et de le relancer sous la forme négociée.
ARTICLE 5 Le coût de cette opération sera intégralement à la charge de la Ville.
Ces prestations demeurent subordonnées à l'obtention des moyens de financement programmés en 1999. Les crédits nécessaires au Budget de l'exercice considéré seront inscrits sur la nature 2313 et la fonction 11.
Vu et présenté pour son enrôlement à une séance du Conseil Municipal
L'ADJOINT DELEGUE A L'EDUCATION ET A LA PETITE ENFANCE
Signé : Marie-Louise LOTA
Le Conseiller rapporteur de la Commission CULTURE, EDUCATION, SOLIDARITE ET SPORTS demande au Conseil Municipal d'accepter les conclusions sus-exposées et de les convertir en délibération.
Cette proposition mise aux voix est adoptée.
Certifié conforme
LE MAIRE DE MARSEILLE
Jean-Claude GAUDIN
Pour ampliation
L'ADJOINT DELEGUE A L'EDUCATION ET A LA PETITE ENFANCE
Marie-Louise LOTA
-
✴︎
Cathy Racon-Bouzon (LREM) souhaite « un rapport exhaustif et garanti par des experts » pour les écoles marseillaises
Écrit par Christophe Casanova, pour La Marseillaise, le dimanche 17 mars 2019, http://www.lamarseillaise.fr/marseille/education/75480-la-deputee-cathy-racon-bouzon-lrem-souhaite-un-rapport-exhaustif-et-garanti-par-des-experts-pour-les-ecoles-marseillaises

Creative Commons.
La députée marseillaise Cathy Racon-Bouzon (LREM) a déposé le 15 février à l’assemblée nationale un amendement lors de l’examen de la loi « pour une école de la confiance » qui sera débattue au Sénat, fin avril. Elle y demande un état des lieux du bâti des écoles de la Ville de Marseille qui doit être rendu dans un rapport au 30 septembre septembre.
Le PPP enterré le 12 février dernier, la question de la rénovation des écoles va revenir le 1er avril sur la table du conseil municipal de Marseille. Au menu, une délibération portée par les élus d’opposition Jean-Marc Coppola (PC) et Benoit Payan (PS) sur la base de la pétition citoyenne lancée l’an dernier sur le site change.org.
De son côté le travail legislatif amorcé à l’Assemblée par la députée (LREM) Cathy-Racon Bouzon suit son court. « S’il y avait besoin de mettre dans le projet de Loi de finances 2020 un budget sur cette question, il était bon d’avoir des premières pistes avant octobre » justifie-t-elle. Aux inquiétudes du collectif anti-PPP, devenu le collectif PRE (Pour La rénovation des Ecoles) qui a mis en échec à la barre du tribunal administratif le Partenariat Public Privé à un milliard d’euros pour la rénovation de 34 école GEEP choisi par la municipalité, elle répond aussi que le « recensement » demandé par l’état aux directeurs d’école doit être décorrelé de ce rapport.
Cette enquête demandée par les services de la direction académique permettra « peut-être de circonscrire le périmètre d’action (…) » explique la députée : « Je ne vais pas imposer une méthodologie au gouvernement, mais je souhaite un rapport exhaustif et garanti par des experts ». « Il faut un plan construit, savoir où est l’urgence ». Un plan inscrit dans « un budget prioritaire de la municipalité » quitte « à faire appel à d’autres collectivités ou à l’état ». Avec plus que tout, cette fois, la nécessité d’obtenir un résultat.
Cathy Racon-Bouzon, pourquoi avoir choisi de mettre cet amendement sur les écoles marseillaises dans la loi » pour une école de la confiance » ?
Cet amendement arrive après plusieurs mois de travail et de réflexion avec les services de l’Etat et de la Mairie. Initialement, la réflexion est partie de l’audit que nous avons mené avec mes collègues députés de la République en Marche sur le PPP. Il nous semblait important avant de pouvoir prendre une position affirmée de discuter avec différents acteurs qui étaient contre cette forme de montage, et voir comment tout cela avait vu le jour. Il nous est apparu qu’il y avait une erreur de raisonnement dans la démarche : le choix des écoles était construit sur un a priori sur ces 34 écoles GEEP qui peuvent constituer un danger, je ne le nie pas car elles ont des particularités qui méritent qu’on se pose effectivement la question. Mais en tous cas, rien ne laissait penser que sur le parc des 445 écoles marseillaises, elles étaient prioritairement concernées par une rénovation urgente. Suite à cela, on a appelé de nos vœux un diagnostic des écoles auprès de la mairie, de l’Etat.
Que s’est-il passé ensuite ?
Les choses n’ont pas vraiment bougé, en tous cas du côté de la Mairie. J’ai donc sollicité plus précisément le recteur et le Préfet qui ont conjointement convenu qu’il fallait que l’Etat fasse une proposition d’accompagnement à la Ville sur ces questions. Un peu de la même manière que dans la gestion de l’urgence, l’Etat a apporté son soutien à la ville sur la question du logement. Evidemment on n’est pas sur les mêmes enjeux et situations d’urgence mais néanmoins, avant que l’on en arrive à des situations qui pourraient être catastrophiques, l’Etat s’est senti concerné. D’autant plus que dans certaines écoles, on peut se poser la question de ce qui relève de la sécurité des enfants et des enseignants, en tous cas des conditions de travail et d’enseignement. Et ça, c’est du ressort de l’état, il devenait légitime de s’en mêler. Début mars il y a donc eu cette volonté conjointe du Préfet et du Recteur de proposer un accompagnement.
Il était quand même nécessaire d’en passé par la loi, avec cet amendement déposé devant l’assemblée nationale le 15 février ?
Après discussion avec le Ministère, il m’a semblé opportun de demander au gouvernement à travers le texte de loi » pour une école de la confiance « , un rapport qui permettait d’inscrire dans la loi l’obligation de l’état de remettre un rapport au gouvernement. C’est l’étape ultime pour être sûr que l’on puisse avoir enfin un état des lieux.
École : les lois s’enchaînent, le malaise perdure
Il y a pourtant déjà eu un diagnostic de fait en 2016…
Oui mais que je n’ai jamais pu récupérer. Si ce diagnostic existe, et je suis obligé de croire ceux qui disent qu’il existe, il a été fait conjointement par l’Etat et la mairie. En tant que parlementaire, je ne peux, moi, demander que des comptes à l’Etat. Si je le demandais, l’Etat serait tenu de le rendre transparent. En revanche la mairie n’est pas tenue de me le donner et, en l’occurrence, elle ne l’a pas souhaité. Donc je ne sais pas ce qu’il y a dans ce diagnostic. C’est ce qui fait qu’aujourd’hui, c’est du ressort du gouvernement de remettre un rapport.
Est-ce que l’on ne peut pas penser qu’il s’agit d’un état des lieux supplémentaire… et ce se dire pour quoi faire, encore ?
On peut toujours voir les choses sous un angle négatif. Mais jusque là, le raisonnement était de dire : il faut un plan d’action et de rénovation pour les écoles et on est contre le plan fait par la mairie parce que l’on ne sait pas sur quelles bases il a été construit. La première étape pour construire ce plan est donc d’avoir une vision claire de la situation.
J’aurai préféré que depuis 2016, quand Libération avait titré » La honte de la République « , les choses aient été faites. Mais visiblement non, et aujourd’hui je me mêle d’une situation telle que je la trouve. Ce diagnostic va permettre de construire. Et j’irai jusqu’au bout, là aussi sans évidemment empiéter sur les compétences de la municipalité, en demandant pourquoi pas un plan d’aide au financement que ce soit de l’Etat, la Métropole ou le Département. Je ne sais pas qui donnera. Mais en tout cas je ferai en sorte que tout le monde ait conscience de ce plan d’aide et de rénovation, le construise et le finance. L’objectif, c’est ce qui va arriver derrière.L’objectif est d’arriver à un plan budgétiser donc ?
L’objectif est qu’il y ait un plan construit. Que l’on sache sur la base de l’état des lieux, si l’on doit dans les trois années qui arrivent rénover 50, 100 ou 150 écoles dans l’urgence. Je n’en ai aucune idée, hormis si ce n’est que les écoles qui ne remontent pas d’informations tiennent debout et assurent des conditions de travail correct. Mais d’autres sont dans états inquiétants. Dans ma circonscription, il y a l’école Saint-Vincent de Paul, construite il n’y a pas très longtemps… mais où les enfants, en maternelle, dorment dans des dortoirs inondés. On rêve parfois.
Il faut unplan des écoles, échelonné dans le temps en priorisant les situations d’urgence, et de l’argent pour le financer. Donc oui, ça devra faire partie d’un budget prioritaire de la municipalité et si il y a besoin de faire appel à d’autres collectivités ou à l’Etat, je serai là pour mener ce combat.Le cheminement de la loi ?
La loi va passer au Sénat fin avril, début mai.
L’amendement prévoit la remise d’un rapport fin septembre. Que doit contenir ce rapport selon vous ?
Ce n’est pas moi qui vait imposer une méthodologie au gouvernement. Il y a une séparation des pouvoirs. Moi ce que je souhaite c’est que nous ayons un rapport exhaustif et garanti par des experts. J’ai lu dans la presse que les gens commençait à râler et s’inquiéter de ce qui était demandé par les services de l’Etat à Marseille. Comme je l’ai dit il faut décoreller, c’est un travail qui s’est construit dans le temps. Quand le Préfet et le Recteur ont proposé d’accompagner la ville, nous avions convenu ensemble qu’interroger les directeurs d’école permettrait un premier recensement. Ils le font d’ailleurs au quotidien auprès de Mme Casanova (adjointe LR au maire de Marseille, déléguée à l’education). Là, nous leur avons demandé un recensement exhaustif des problèmes à travers ce fichier excel qui a été transmis à la DSDEN. Cette étape là, n’a rien à voir avec l’amendement et le rapport. Il se trouve que c’est un très bon préalable et que cela va peut-être permettre de circonscrire le périmètre en disant, si on a sur les 444 écoles, 200 écoles qui font remonter des dysfonctionnements, le rapport pourrait en déduire qu’il faut creuser le sujet avec des Experts qui viendront analyser le bâti sur un périmètre plus restreint. En attendant, les remontées d’information demandées jusqu’au 15 mars, ce n’est pas le rapport. On ne demande pas au malade de faire le diagnostic.
Mais il y a les conseils d’école qui réalisent ce travail tous les trimestres ?
Vous savez si tout cela est compilé ? Moi je n’ai jamais vu de compilation au niveau de la mairie de tout ce qui est remonté en conseil d’écoles.
Si ce n’est pas fait au niveau de la mairie, ces rapports remontent quand même au niveau des autorités académiques ?
Mais jusqu’à ce jour, l’entretien et la rénovation des écoles est une compétence municipale. Donc l’inspecteur d’académie lorsqu’il vient à un conseil d’école se préoccupe des sujets d’éducation. Il ne tient pas un cahier ou fichier sur ce qui concerne le bâti… Ils auraient pu faire le choix de contacter la mairie pour faire remonter ce fichier, oui. Mais bon, le document adressé aux directeurs est plutôt bien construit. Je trouve que c’était plutôt efficace de demander un nouveau recensement. Au moins tout sera compilé.
Avec le risque que tout le monde n’ai pas répondu en tant voulu, puisque le délai imparti était de onze jours ?
Je peux vous assurer que le DASEN a été extrêmement surpris de la rapidité avec laquelle les fichiers sont revenus. En moins de 48 heures il avait, je crois, plus d’une centaine de réponses. A mon avis, il aura au final une vision assez exhaustive.
Vous savez les directeurs d’écoles sont très en attente de ça. Parce que ce qui est extrêmement triste dans cette histoire, au-delà de ce que vivent les enfants et qui est inacceptable, c’est que toute la communauté éducative est abîmée par ça. Les gens, à juste titre, et je le dis un peu vulgairement, » ils n’en ont rien à foutre » de savoir si c’est du ressort de l’état, de la commune ou de la Métropole. Ce qu’ils voient c’est que leur enfants vont dans des écoles qui dysfonctionnent. A partir de là, le directeur d’écoles est toujours tenu responsable de ce qu’il se passe dans son établissement alors que ce n’est pas à lui de venir réparer le chauffage. Tout le monde est donc extrêmement demandeur d’une prise en main de la question et de ce que l’Etat protège ses enseignants et directeurs.Que se passera-t-il si le rapport n’est pas remis le 30 septembre. Tout cela peut une fois de plus tomber à l’eau ?
Non. Cela pourrait être décalé. Mais j’avais ciblé cette date là en disant que si il y avait besoin de mettre dans le Projet de loi de finances 2020 un budget sur cette question, il était bon d’avoir un rapport, et peut-être des premières pistes de plan d’action, en septembre – octobre.
Vous parlez de dysfonctionnements ? On ne parle pas du bâti, on parle bien de gestion municipale. Qu’est-ce qui dysfonctionne selon vous ?
A mes yeux, il y a un déficit budgétaire. La ville de Toulouse investit beaucoup plus pour ses établissements que la ville de Marseille, si on le rapporte au nombre d’enfants ou d’habitants. Il y a deux fois moins d’écoles certes, et en valeur absolu, le budget éducation de la ville de Marseille est le n°1. Je suis bien consciente des choix qui sont faits, on ne peut pas dire qu’ils « négligent » l’investissement sur les écoles mais rapporté au nombre d’enfants et à la démographie marseillaise, cela manque de gestion et d’anticipation.
Au niveau primaire et maternelle, les effectifs grossissent de quasiment mille enfants par an. Cela nécessite une anticipation des besoins sur les construction par exemple. D’autant qu’avec le manque d’investissement de ces dernières année le parc s’est détérioré.
Et puis de ce que me rapportent les directeurs d’écoles, lorsqu’ils font une demande, il y a un problème d’organisation sur ceux qui mènent les travaux. Il y a quelqu’un qui vient réparer une chose, mais il n’y a pas de suivi avec celui qui va finaliser la fois d’après. Ca n’est visiblement pas coordonné.
Tout cela a traîné dans le temps et donne lieu à des dysfonctionnement de plus en plus sensibles. Je n’accuse pas la Ville de manquer de bonnes intentions, je ne leur reproche pas ça. Ils pensent bien faire mais c’est la manière de faire qui ne marche pas.Nos confrères de la Provence ont mis en exergue il y a quelques jours, le comparatif de l’argent investi pour un élève scolarisé dans le privé et le public à Marseille. Cela vous inspire quoi ?
Ce n’est juste pas acceptable. Après, je suis en train d’essayer de retrouver ces chiffres et pour comprendre ce qu’ils veulent dire et d’où ils viennent. Parce que l’investissement des communes, c’est l’argent que donne l’Etat dans le cadre de délégations de compétences aux collectivités. Idem pour l’Education nationale puisqu’il y a un forfait donné par enfants aux communes. Et ce forfait dans le public et le double du forfait donné dans le privé. Donc, l’Etat donne deux fois plus aux communes pour qu’elles gèrent les élèves du public… Après sur le principe on le sait depuis longtemps, la ville de Marseille donne beaucoup à ses écoles privées. Ce sont des choix politiques malheureusement.
La ville a dit qu’elle allait faire appel de la décision du Tribunal administratif annulant la délibération sur le PPP ? Vous en pensez-quoi ?
Ils y tiennent à leur plan, ils ont l’impression de l’avoir fait correctement, je ne suis pas très étonné et ils iront sans doute au bout de leur démarche. Après je trouve dommage d’insister quand on a autant d’éléments contre qui prouvent que ce n’est pas la bonne option qu’on a retenu, il vaut mieux travailler sur autre chose.
Au-delà du fait que ce PPP était mal pensé, est-ce qu’un marché de partenariat vous paraît une solution légitime qui permet de régler ce genre de problème ?
Je ne suis pas figé idéologiquement sur cette question. Le seul problème, ce qu’on constate du moins, c’est que dans le rapport Public – Privé, le Public est rarement gagnant. Ce qui est compliqué dans ces marchés, c’est d’y inscrire contractuellement tout ce qui peut déraper et venir en défaveur du Public. Malheureusement, je ne sais pas pour quelle raison, peut-être une question d’accompagnement ou de compétences, les contrats se retrouvent toujours mal ficelés avec un déséquilibre qui pénalise le Public. Donc si on peut favoriser une maîtrise d’ouvrage public, j’y suis bien plus favorable.
Christophe Casanova