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Elaboration de menus et fourniture de denrées alimentaires et de repas spécifiques dans les établissements municipaux d’accueil de la petite enfance (2 lots)
– L’élaboration de menus mensuels adaptés à la diététique des très jeunes enfants accueillis dans les établissements municipaux d’accueil de la petite enfance et la fourniture de denrées alimentaires (les repas sont préparés par le personnel municipal en cuisine) – La fourniture et la livraison de repas spécifiques pour de jeunes enfants atteints d’allergies alimentaires, accueillis dans les établissements municipaux de la petite enfance.
lien : http://citoyen-ne-s-de-marseille.fr/wp-files/eg-transparency/?VILLE/DCE/2021/2021_20302_0008 – Elaboration de menus et fourniture de denrées alimentaires et de repas spécifiques dans les établissements municipaux d’accueil de la petite enfance (2 lots)
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Travaux maritimes de modernisation du bassin du Roucas Blanc
Travaux maritimes de modernisation du bassin du Roucas Blanc
lien : http://citoyen-ne-s-de-marseille.fr/wp-files/eg-transparency/?VILLE/DCE/2021/2021_45002_0015 – Travaux maritimes de modernisation du bassin du Roucas Blanc
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Travaux maritimes de modernisation du bassin du Roucas Blanc
Travaux maritimes de modernisation du bassin du Roucas Blanc
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Travaux maritimes de modernisation du bassin du Roucas Blanc
Travaux maritimes de modernisation du bassin du Roucas Blanc
http://citoyen-ne-s-de-marseille.fr/wp-files/eg-transparency/?VILLE/DCE/2021/2021_45002_0015 – Travaux maritimes de modernisation du bassin du Roucas Blanc -
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✴︎ Non classéBenoît a dit …
Ils ont presque tout dit.
Monsieur le Président de la République.
Mesdames et Messieurs les membres du gouvernement, Mesdames et Messieurs les parlementaires, Madame la Présidente du département, Mesdames, Messieurs les élus, Mesdames, Messieurs.
Monsieur le Président de la République.
Le lieu que vous avez choisi pour vous adresser aujourd’hui, aux Marseillaises et aux Marseillais, est un symbole puissant.
Bâti comme demeure impériale par Napoléon III, ce palais à peine terminé fut envahi par le peuple de Marseille qui détruisit les insignes impériaux lors de la proclamation de la République en 1870.
Ce lieu, son histoire, disent, ce qui nous unit notre attachement profond, à la République.
Monsieur le Président, votre visite à Marseille est historique. Et je voulais, au nom de l’ensemble du conseil municipal, au nom des Marseillaises et des Marseillais, vous réserver le meilleur accueil possible. Je voulais vous dire en toute sincérité, au-delà des formes protocolaires de la tradition républicaine, combien nous sommes sensibles à votre présence, qui est la preuve, s’il en fallait une, de votre attachement profond pour la ville de Marseille.
Ici, depuis les jardins du Pharo, nous pouvons contempler le palimpseste d’une ville multimillénaire.
Marseille renoue progressivement avec son histoire, celle d’une ville majeure regardant vers la mer et vers son littoral.
Cette histoire, c’est celle de la rencontre entre une celto-ligure des quartiers nord de la ville et un Navigateur phocéen venu d’Asie mineure.
Cette histoire, irrigue notre imaginaire et les horizons d’une ville qui s’est construite en balcon sur la mer.
Depuis, au fil des siècles, notre ville a développé ses particularités, sa singularité souvent opposé au centralisme mais toujours profondément républicaine.
Marseille, c’est aussi une identité puissante et diverse qui s’est enrichie par la sédimentation de strates successives de population venue ici, au gré des fracas de l’histoire.
Fuyant la misère, ou la guerre, des hommes, des femmes, des enfants ont parcouru les chemins de l’exil pour s’arrêter ici par nécessité, quelquefois par choix.
En cela Monsieur le Président, Marseille, est à l’image de la France, quelles que soient nos origines, nos histoires ou la couleur de notre peau, on peut devenir marseillais à partir du moment où on le décide.
C’est l’histoire de cette ville, comme c’est le sens du projet républicain.
Marseille est cette ville incroyable.
Ou que l’on soit capitaine d’industrie où instituteur, médecin ou galérien, on peut se forger un destin et réussir sa vie.
Marseille, c’est la ville des possibles.
Celle ou les déflagrations de l’histoire donne la force de vivre, de créer, d’inventer, de construire et de bâtir.
Marseille, Ce n’est pas seulement l’une des plus belles villes de France, c’est aussi une ville fraternelle.
Nous avons fait une force de cette fraternité et nous tenons entre nos mains cette incroyable idée qu’on peut vivre ensemble.
Cette question de l’appartenance au pays, et l’identité de la 2e ville de France pourrait par facilité, être caricaturée comme un folklore, comme un particularisme local.
Ce regard serait bien pratique pour masquer une réalité historique d’abandon, d’injustice et de gâchis.
Aujourd’hui, il nous faut regarder par-delà les poncifs pour Marseille et pour le pays.
Monsieur le Président.
La méfiance réciproque entre Marseille et Paris, vous et moi, en héritons.
Mais nous n’en sommes pas les héritiers.
Marseille a entamé sa transformation pour enfin pouvoir concrétiser des projets, mais nous avons aussi besoin que vous réformiez les aberrations d’une gouvernance territoriale illisible et injuste.
Monsieur le Président.
Nous nous tenons aujourd’hui devant un palais impérial dans les années 1850, la France a construit à Marseille : la rénovation de l’Hôtel Dieu, le palais de la bourse ou encore la cathédrale de la Major.
Ce dont nous avons besoin aujourd’hui est peut-être moins grandiloquent, mais ce sera tout aussi grandiose.
Et tout aussi durable en août 1792, lors de l’insurrection des Tuileries, les fédérés marseillais entonnaient un chant qui, de bouche à oreille, est devenu en 1795 la Marseillaise, notre hymne national.
Marseille et les Marseillais font partie de l’histoire de France. Ils ont participé à la construire, à se battre pour elle.
Monsieur le Président, je sais que Marseille a encore beaucoup pas donné.
Oui, nous pensons que l’État doit faire à nouveau confiance à Marseille et parier sur cette ville incroyable, pas pour moi, pas pour cette majorité, mais pour ceux que nous avons collectivement promis de servir pour les marseillais et à commencer par les enfants, par les petits.
Aujourd’hui, Marseille est touchée en son cœur par les trafics d’armes, les assassinats, les quartiers abandonnés. Ces quartiers qui se referment dans la peur, dans l’économie informelle, une économie aux connexions internationales. Cette situation n’est pas nouvelle, disent certains peut-être. Mais il n’y a pas de fatalité, pas plus qu’il n’existe de solutions miracle ou instantanée. Nous n’aurons pas fini le travail aujourd’hui, loin de là. Mais il faut répondre à l’urgence et il s’agit d’abord de recoudre une ville fracturée devenue duale, inégalitaire, de remettre de la justice et du service public par une approche globale et systémique des mots qui gangrène notre ville, de lutter contre les injustices économiques, culturelles, éducatives, sécuritaires, sportives, sanitaires, sociales et spatiales d’une ville qui a trop longtemps oublié une partie de ses enfants.
Cette ville qu’il nous faut désormais recoudre, rassembler pour la retrouver et pour la développer, ça passe par la rénovation urbaine, par les transports dans une ville embouteillée ou le dernier projet de métro fut inauguré à une époque où ni vous ni moi n’étions encore nés, Monsieur le Président.
Une ville qui assigne à résidence faute de mobilité et qui finit par se scléroser elle-même.
Ce projet d’une ville juste, et d’une ville tournée vers l’avenir, il passe d’abord par l’école.
Ils viennent de le dire, ils viennent de nous le raconter, ce n’est pas l’actualité qui nous a fait prendre conscience des choses. C’est un sujet que nous portons depuis toujours.
Lorsque je suis venu vous voir à l’Élysée, nous avons eu un dialogue sincère, un dialogue direct. Je vous ai donné mon sentiment sur la ville, son histoire, son état et en particulier celui de nos écoles et de la honte que celui-ci représentait pour la République.
L’école, c’est une promesse, c’est une promesse émancipatrice qui ouvre un horizon pour vous, pour nos enfants, c’est là qu’on apprend à grandir, à faire société, c’est là qu’on devient une femme, un homme debout. C’est là qu’on se découvre et qu’on peut se choisir un avenir, le vôtre. L’école, c’est aussi un repère. Et on l’a vu et on l’a vu aujourd’hui et on l’a vu hier. C’est un repère qui structure la vie des enfants, des familles du quartier. Ça doit être une chance pour les 80 000 petites marseillaises et petits marseillais qui chaque année, en école maternelle ou élémentaire mettent leur confiance dans le système éducatif public.
Mais à Marseille, nos écoles sont sinistrées. Au printemps dernier, nous avons pris un engagement fort pour vous. Faire des écoles, Une priorité, recoudre la ville, miser sur la jeunesse, lutter contre les inégalités. Elle est là aussi la solution pour relever Marseille.
Cet espoir nous inspire.
Il nous faut voir loin.
Et nous cherchons à réaliser.
Ce que certains pensaient impossible.
Monsieur le Président de la République.
Vous portez sur notre ville un regard attentif et ambitieux. Nous faisons le choix d’écrire une nouvelle page de l’histoire de Marseille, Main dans la main, l’Etat et la ville, en dehors de tout clivage politique, au-delà de nos différences, de nos histoires, de nos choix, nous sommes portés par l’intérêt général. Nous ne vous attendions pas dans l’idée de recevoir un chèque mais dans l’espoir de partager une vision, un agenda, de porter ensemble un engagement.
Je le dis à nouveau, Marseille est un avenir pour notre pays, cette ville bouillonne.
Les potentiels ne demandent qu’à s’exprimer si l’impulsion politique est au rendez-vous et c’est notre ambition la France.
Pour raconter sur sa grande capitale du Sud, Marseille a besoin de l’État, pas pour demander l’aumône, mais parce que, au contraire, nous avons l’incroyable audace de penser Monsieur le Président, que Marseille est une chance formidable pour la France, par sa situation géographique exceptionnelle, par sa jeunesse, son instinct de survie, son esprit de débrouille, par le dynamisme de sa société civile, par son identité singulière, populaire et pionnière, Marseille peut redevenir un moteur, un phare, une terre promise.
Marseille n’est pas une extrémité.
C’est une porte, un carrefour, un eldorado.
Marseille peut devenir le premier port sur la Méditerranée, le plus grand hub européen de connexion adossé à la plus grande université francophone du monde.
Un pôle d’énergie, de liberté, de développement économique, culturel et intellectuel vers la Méditerranée, le Maghreb, l’Afrique et l’Asie.
Pour conclure, puisqu’on m’y invite, mais quand on habite à Strasbourg, à Nice ou à Clermont-Ferrand, je suis sûr qu’on a intérêt à ce que la 2e ville du pays retrouve la place qu’elle n’aurait jamais dû perdre, celle d’une grande capitale euro-méditerranéenne.
Comme Barcelone en Espagne, comme New York aux États Unis comme Shanghai, Milan ou Saint-Pétersbourg, il est des villes, loin des capitales, qui portent une part de l’identité, de l’histoire et du dynamisme de leur pays. Cette ville accueille aujourd’hui, son Président et nous savons que vos annonces seront déterminantes au nom des marseillaises et des marseillais, je tiens simplement à vous remercier d’avoir répondu présent à notre appel. La France peut compter sur sa grande capitale du Sud.
Vive la République, vive Marseille et vive la France.
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✴︎ ArgumentsCharte Marseille, gouvernance étique et transparence
Copie de la charte mise au chaud : http://www.le-mouvement.fr/marseille-gouvernance-ethique-et-transparence/


Marseille, gouvernance éthique et transparence
Par Le Mouvement Publié le 17 décembre 2019 Dans Ethique, Marseille, MétropoleTéléchargez le document
Prévenir les atteintes à la probité au sein de la municipalité de Marseille
Rendre l’action publique transparente
La probité peut difficilement être abordée comme un dossier politique à part entière tant elle relève d’abord d’un état d’esprit qu’il convient d’adopter en toute occasion. Dans la présente note, Le Mouvement détaille ses propositions en matière de gouvernance éthique et de transparence sous la forme d’un plan d’action adapté à la Ville de Marseille. Dans une large mesure, il pourra être adapté au fonctionnement de la Métropole Aix-Marseille-Provence ou du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône, et servir de boîte à idées pour des municipalités souhaitant développer ou renforcer la lutte contre les atteintes à la probité et les dérives clientélistes.
INTRODUCTION
Depuis plusieurs décennies, la vie publique sur le territoire de la Métropole Aix-Marseille-Provence est pervertie par des pratiques corruptives qui nuisent à l’efficacité et à l’équité des politiques publiques. Ces pratiques ont longtemps prospéré par ignorance, fatalisme, complaisance ou complicité.
« Tout est poison, rien n’est poison, c’est la dose qui fait le poison » Paracelse
Bien entendu, ces pratiques existent partout en France[1] et ne sont pas spécifiques à la ville de Marseille, au département des Bouches-du-Rhône ou à des communes du territoire métropolitain, mais enfin, comme le dit justement Paracelse : Tout est poison, rien n’est poison, c’est la dose qui fait le poison.
Depuis le début des années 2000, de nombreux faits contraires à la probité émanant d’acteurs publics ont été localement portés à la connaissance des citoyens, alors que des ouvrages dont certains font aujourd’hui référence[2] ont permis d’appréhender les mécanismes qui sont à l’œuvre et leur impact négatif sur l’efficacité de l’action publique et sur la vie économique et sociale.
Mettre fin à ces pratiques est ainsi devenu progressivement une nécessité dans l’esprit d’un nombre grandissant de citoyens. L’émergence d’une opinion majoritaire en ce sens[3] ouvre pour la première fois l’espoir qu’un tel projet puisse être au cœur des propositions politiques qui vont être soumises aux citoyens.
Atteintes à la probité, clientélisme : de quoi parle-t-on ?
Les atteintes à la probité regroupent l’ensemble de pratiques qui consistent à tirer un profit personnel de la détention d’un pouvoir de décision. La loi identifie ainsi des infractions qui ont pour nom favoritisme, prise illégale d’intérêt, corruption, trafic d’influence, pantouflage… Sur le territoire de la métropole marseillaise, des élus, des agents publics, des responsables d’associations et des chefs d’entreprises ont été inquiétés ou condamnés pour de tels faits. Pour ce qui est des élus, ils sont remarquablement bien répartis entre les tendances politiques, indiquant que cette question n’est pas celle d’un camp mais bien d’une culture. La longueur des procédures indique quant à elle la difficulté à établir les faits, non seulement par manque de preuves face à des systèmes bien rôdés, mais aussi à cause d’une ligne de partage parfois bien floue entre ce qui est légal et ce qui ne l’est pas. Entre un délit de favoritisme et une faveur accordée à un administré en contrepartie d’un soutien politique il n’y a pas grande différence du point de vue de l’atteinte à la probité et à l’intérêt général. Dans les faits, cela peut constituer une infraction à la loi dans le premier cas mais pas dans le second.
Le clientélisme politique est donc une pratique assimilable aux atteintes à la probité. Il se caractérise par le fait, pour un décideur public, d’octroyer à un individu ou à un groupe d’individus un avantage conditionné par un soutien politique passé, présent ou à venir. Sous le vocable « clientélisme » on peut ainsi regrouper l’ensemble des pratiques népotiques ou claniques mises en œuvre dans l’objectif de placer des individus en situation de dépendance vis à vis du pouvoir politique. Cette définition permet d’exclure du champ du clientélisme les actes politiques ou administratifs desquels ne résulte pas une telle contrepartie.
Les trois clés d’une gouvernance municipale éthique et d’une action publique transparente
La loi va progressivement beaucoup plus loin depuis une vingtaine d’années en France pour lutter contre les atteintes à la probité dans l’action publique. Après s’être attaqué au financement illégal des partis politiques au cours des années 90, le législateur a voulu répondre à la défiance grandissante des citoyens face au politique en votant des lois qui touchent directement à la moralisation de la vie publique. Progressivement, les règles mises en place ont permis d’améliorer la diversité et le renouvellement du personnel politique au travers de la parité et des limites au cumul des mandats, de renforcer les règles de transparence des marchés publics, d’instituer de nouvelles obligations de transparence et de contrôle de la décision publique au sein des collectivités territoriales.
Ces lois, souvent peu ou mal utilisées, ne représentent cependant pas un moyen suffisant pour renverser la table et mettre fin aux pratiques constatées. C’est en tout cas ce que nous concluons de nos observations et des témoignages avertis que nous avons pu recueillir concernant la Ville de Marseille.
On comprend dès lors que l’efficacité de la prévention et la lutte contre les atteintes à la probité va reposer sur trois piliers : une volonté politique ferme, la pleine utilisation des moyens légaux existants et la mise en œuvre de règles et de méthodes inédites visant notamment à la transparence de l’action publique.
Méthode d’étude et de propositions
Pour élaborer ses propositions, Le Mouvement a notamment rencontré des acteurs publics, des observateurs, des représentants d’intérêts et des prestataires de la municipalité qui connaissent bien les mécanismes qui sont à l’œuvre localement. Certains ont pu notamment détailler le fonctionnement des mécanismes corruptifs ou clientélistes dont ils avaient connaissance et ainsi apporter une contribution déterminante. La présente note de propositions a ensuite été réalisée à partir des contributions expérimentées d’observateurs locaux, d’une analyse des lois existantes, des travaux et des recommandations de la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique (HATVP), de l’Agence Française Anticorruption (AFA), du Défenseur des Droits et de l’ONG Transparency International France.
LES PROPOSITIONS DU MOUVEMENT
En France, le maire dispose de pouvoirs étendus. Il est élu par le Conseil municipal sous le contrôle duquel il agit et dont il exécute les décisions. Il est à la fois chef de l’exécutif et de l’administration municipale, représente la commune en justice, passe les marchés, signe les contrats et prépare le budget. Il est aussi agent de l’État sous l’autorité du préfet et officier de police judiciaire.
La mise en œuvre d’une politique efficace de prévention et de lutte contre les atteintes à la probité au sein d’une municipalité ne peut donc relever que d’une volonté politique ferme du maire et de la majorité sur laquelle il s’appuie au sein du Conseil municipal de mettre en œuvre une politique opérationnelle en matière de transparence, de déontologie et d’éthique publique.
Il apparaît dès lors fondamental que ces engagements soient préalablement pris par les listes candidates et par leurs têtes de listes dans le cadre des élections municipales afin qu’ils prennent par la suite la force d’engagements validés par le vote des électeurs.
Propositions relatives à la campagne pour les élections municipales
Constitution des listes, protection des candidats, engagements des futurs élus
En plus des règles légales qui encadrent les élections municipales, des règles additionnelles sont mises en place volontairement par les listes candidates. Elles ont pour objectif de favoriser le renouvellement du personnel politique, de limiter les phénomènes de dépendance économique des élus à l’égard de leurs mandats électifs, d’apporter aux candidats des garanties sur la transparence des règles de financement de la campagne électorale et de renforcer la confiance des citoyens dans le processus électoral.
La liste candidate et les candidats s’engagent à observer les règles suivantes pour la constitution des listes, l’organisation et le financement de la campagne électorale :
- Faire prendre à chaque candidat un engagement à, s’il est élu, signer l’engagement déontologique de l’élu qui établit les règles auxquelles il devra se soumettre durant l’exercice de son mandat.
- Limiter à deux le nombre de mandats représentatifs détenus simultanément par un même élu à l’issue de l’élection.
- Limiter à un le nombre de mandat exécutif détenu par un même élu à l’issue de la constitution de l’exécutif qui résultera de l’élection.
- Apporter à chaque candidat une information transparente sur les critères à partir desquels il est éventuellement sollicité pour participer au financement de la campagne électorale. A l’issue de la campagne, chaque candidat ayant contribué financièrement reçoit un extrait des comptes de campagne récapitulant les contributions qui ont été apportées par les candidats.
- Tout agent public ou contractuel relevant de la Ville ou de la Métropole qui s’engage dans le soutien à une liste candidate doit signer auprès de cette liste un engagement sur l’honneur à ne pas exercer cette activité sous quelque forme que ce soit durant ses heures de service.
Au cours de la campagne électorale :
- La liste candidate apporte aux citoyens l’ensemble des informations sur son projet en matière de gouvernance éthique et de transparence de l’action publique, les objectifs qu’elle vise ce faisant et les moyens qu’elle entend développer pour les atteindre.
- La liste candidate apporte aux électeurs au cours de la campagne pour l’élection municipale une information spécifique sur le projet politique qu’elle entend défendre au travers de ses élus au sein de la Métropole Aix-Marseille-Provence.
Propositions relatives à l’exercice de la mandature
Audit de la collectivité et cartographie des risques d’atteinte à la probité
- Dans le cadre de l’audit général de la collectivité mis en place par la municipalité, un audit spécifique est effectué en matière de transparence, de déontologie et d’éthique publique.
L’audit permet d’établir une cartographie des risques d’atteinte à la probité spécifique à la collectivité. Elle permet d’identifier les secteurs d’action prioritaires afin d’y renforcer les règles de transparence et de contrôles, de former à ces règles les élus et les agents ayant délégations et missions dans ces secteurs de l’action municipale, et de les rendre transparentes aux administrés.
- Les enseignements et les conclusions de l’audit servent de base à l’élaboration du plan de prévention des atteintes à la probité qui est voté en Conseil municipal puis placé par le maire sous l’autorité du Directeur Général des Services, et dont certaines missions vont relever du Déontologue placé sous l’autorité directe du maire.
Engagements de la majorité municipale et de ses élus
- La majorité municipale n’attribue de fonction exécutive qu’aux élus qui ne disposent pas déjà de fonction exécutive dans le cadre d’un autre mandat ou qui ont préalablement démissionné de cette fonction.
- La majorité municipale demande aux élus qui cumuleraient simultanément plus de deux mandats représentatifs à l’issue de l’élection de faire le choix de deux d’entre eux
- La majorité municipale confie à un élu de l’opposition la présidence de la Commission des finances
- Les élus de la majorité municipale signent un acte d’engagement déontologique qui comprend les termes de la charte de l’élu prévue par la loi ainsi que l’acceptation des règles spécifiques mises en place par la municipalité en matière de formation, d’assiduité, de transparence, ainsi que de sanctions en cas de manquement à ces engagements.
Déclaration de patrimoine et déclaration d’intérêts
La déclaration de patrimoine est une obligation légale pour certaines catégories d’élus et de fonctionnaires, qui a pour objectif de repérer les cas d’enrichissement.
- La déclaration de patrimoine est étendue à l’ensemble des élus de la majorité municipale et proposée aux élus de l’opposition
La déclaration d’intérêts permet d’identifier les intérêts susceptibles d’influencer ou de paraître influencer l’exercice indépendant, impartial et objectif de la fonction. La rédaction de cette déclaration offre aux élus et aux fonctionnaires concernés l’occasion de constater les éventuels cas de conflits d’intérêts auxquels ils pourraient être amenés à être confrontés dans l’exercice de leurs fonctions, et à faire le choix éventuel de déports.
- La déclaration d’intérêts est étendue à l’ensemble des élus de la majorité municipale et proposée aux élus de l’opposition
Formation des élus et des agents municipaux
- Un plan de formation est mis en place par la municipalité, qui a pour objectif d’informer et de sensibiliser les élus sur les limites fixées par la loi à leur mandat, les moyens de prévenir les infractions, les règles de transparence obligatoires et spécifiques qui sont mises en place par la municipalité, les règles applicables individuellement comme le déport, les moyens qui sont à la disposition de la collectivité, des citoyens et d’eux-mêmes pour assurer le contrôle de l’action publique et prévenir les situations à risque.
- Ce plan de formation est obligatoirement suivi par l’ensemble des élus relevant de la majorité municipale et proposé aux élus de l’opposition.
- Le plan de formation comporte des modules adressés aux élus et aux agents publics dont les fonctions sont considérées comme les plus exposées aux risques de corruption et de trafic d’influence au terme de la cartographie des risques de corruption.
Le déontologue
La loi prévoit l’obligation pour la Ville de Marseille de créer un poste de déontologue, doté de missions et de moyens spécifiques et notamment chargé de l’écoute et de l’information des élus et des agents publics sur tous les sujets relevant de la transparence et de l’éthique. Nous proposons de développer les attributions et les moyens dévolus au déontologue selon les principes suivants :
- Le déontologue est placé sous l’autorité directe du maire
- Le déontologue est chargé, avec le Directeur Général des Services, de la mise en œuvre du plan municipal de prévention des atteintes à la probité
- Le déontologue est chargé du recueil et de la conservation des déclarations de patrimoine et d’intérêts, de tenir à jour un registre général des déports, et de l’enregistrement des représentants d’intérêts dans un répertoire spécifique.
- Le déontologue facilite le libre exercice à l’intérieur de la collectivité des droits et des protections offerts par la loi aux personnes effectuant des signalements.
- Le déontologue organise et garantit le bon fonctionnement du système d’observation de l’action
- publique par les citoyens mis en place au sein de certains organes sensibles de la municipalité[4].
- Le déontologue a la faculté de proposer au maire toute enquête interne dans les domaines relevant de la probité ainsi que toute action en justice que pourrait engager la municipalité sur des faits qui ont été portés à sa connaissance.
L’Inspection Générale des Services et les services exerçant des fonctions de contrôle
- Les missions de contrôle exercées par les services eux-mêmes sur leurs domaines de compétences sont auditées et éventuellement réorientées en fonction des résultats.
- L’inspection générale des services (IGS) est réorganisée sur la base d’un audit visant à évaluer son efficience face à ses missions courantes et à ses nouvelles missions.
- De nouvelles missions sont confiées à l’IGS, notamment de supervision sur les services compétents en matière de contrôle du respect :
- des règles d’usage ou d’occupation du domaine public
- des engagements contractuels des prestataires de la collectivité
- des engagements contractuels des organisations intervenant sur le domaine public
- L’IGS prend le nom d’Inspection Générale des Services, du Domaine public et des Prestations issues de la Commande Publique
Dispositifs d’alerte interne, lanceurs d’alerte
En plus des signalements prévus à l’article 40 du Code procédure pénale[5], la loi a créé un statut de lanceur d’alerte individuel à portée d’intérêt général. Les lanceurs d’alerte sont « des personnes physiques, désintéressées, de bonne foi et ayant une connaissance personnelle des faits qu’elles ont pris l’initiative de divulguer ».
- Le déontologue veille à construire un dispositif d’alerte clair, accessible et sécurisé et un dispositif de recueil des signalements garantissant une stricte confidentialité des identités et des informations, et protégeant les personnes concernées sur la durée.
Interdiction d’employer un proche comme collaborateur et recrutements d’agents publics ayant un proche élu
La loi fixe des règles en matière d’emplois de personnes proches en tant que collaborateurs et prévoit des interdictions de recrutements.
- La municipalité veille à une stricte application de ces règles.
- Tout élu ou agent concerné par le recrutement d’un proche en tant qu’agent public doit s’abstenir de participer de quelque manière que ce soit au processus de recrutement.
Implication des citoyens dans l’observation de l’action publique et instances citoyennes
- Des représentants des citoyens exercent des fonctions d’observation au sein de Commissions d’attribution de la municipalité.
- Pour mener leurs missions, les représentants des citoyens bénéficient de formations dont le programme et le suivi sont placés sous la responsabilité du déontologue.
- Ces formations sont accessibles aux membres des instances citoyennes[6].
Commissions pour les attributions (logements, places de crèches) ou les dérogations à la carte scolaire
- Un audit des commissions chargées de ces attributions ou dérogations est effectué pour permettre d’améliorer la clarté, la transparence et l’objectivité des décisions.
- Ces commissions composées d’élus décisionnaires sont également ouvertes à des représentants des citoyens qui y siègent au titre d’observateurs. Les représentants des citoyens sont pour moitié issus d’associations représentatives des usagers de ces services (parents d’élèves, occupants de logements…) et pour moitié du tirage au sort sur une liste de volontaires.
Commande publique et transparence des décisions de la Commission d’appel d’offres
La transparence des règles et des décisions de la Commission d’appel d’offres est un sujet incontournable dans le cadre d’une collectivité qui recoure massivement et régulièrement à des prestataires extérieurs.
- Un audit des règles de mise en concurrence prévues par la collectivité pour les marchés publics, les concessions et les délégations de service public est effectué pour s’assurer de leur intelligibilité et de leur clarté, notamment en matière de notation, afin de permettre aux membres de la commission d’appel d’offres d’exercer leurs fonctions en toute transparence.
- Par souci d’efficacité, les contrats d’occupation domaniale sont ajoutés à la charge de la commission d’appel d’offres dans le cas où ils intègrent des enjeux économiques qui requièrent ce type de précautions.
- A l’issue de l’attribution de chaque appel d’offre, la direction de l’information publique[7] établit un document rendant compte de l’objet, de l’attributaire, des critères de choix qui ont été spécifiquement établis pour ce marché ainsi que des votes des membre de la Commission d’appel d’offres.
Prestataires de la collectivité et représentants d’intérêts
La vie des élus et des agents publics est rythmée par des rencontres avec des acteurs économiques ou associatifs qui souhaitent obtenir de la collectivité des autorisations, des soutiens ou influencer certaines décisions publiques. Ces rencontres sont bénéfiques pour les décideurs publics car elles peuvent apporter à ces derniers des éléments d’information et de compréhension. Il convient toutefois que les interactions entre les élus et les représentants d’intérêts se fassent dans le respect de trois principes : transparence, intégrité, équité d’accès.
Règle applicable aux élus et aux agents :
- Les élus et les agents sollicités par des représentants d’intérêts pour un rendez-vous leur demandent systématiquement de s’inscrire au préalable, s’ils ne l’ont déjà fait, dans le répertoire des représentants d’intérêts et de signer un engagement déontologique spécifique.
Règles applicables aux représentants d’intérêts :
La loi prévoit que le registre des représentants d’intérêts, qui n’est pour l’instant applicable qu’au niveau des instances nationales, soit étendu aux collectivités territoriales en 2021. Il permettra une identification et une traçabilité des actions qu’ils mènent auprès des pouvoirs publics.
- Les représentants d’intérêt s’inscrivent dans un répertoire tenu à jour par le déontologue. Par ailleurs, ils s’engagent par écrit à respecter les règles prévues par la loi et les règles spécifiques à la collectivité dans leurs rapports avec les responsables publics et avec leur entourage, et notamment de s’abstenir :
- de proposer ou de remettre des dons ou avantages quelconques d’une valeur significative
- de proposer des prises de parole rémunérées lors de manifestations qu’ils organisent
- d’utiliser à fins commerciales des informations obtenues auprès des responsables publics
- Les représentants d’intérêt s’engagent à respecter la règle fixée par la collectivité d’interdiction pour ses agents et élus d’être recrutés, dans un délai de trois ans après la cessation de leurs fonctions, par des organisations avec lesquelles ils ont eu des relations alors qu’elles étaient prestataires de la collectivité.
Transparence des relations financières entre la collectivité et les médias d’information
Les difficultés économiques que traversent les médias d’information, en particulier les médias d’information locale, peuvent fragiliser leur indépendance à l’égard d’une collectivité dont ils rapportent les activités auprès des citoyens. Un moyen de concourir à la préservation de leur indépendance consiste à mettre à disposition de tous une information transparente sur les relations financières existant entre la collectivité et les media d’information.
- La collectivité établit chaque année un bilan de ses relations financières avec les supports d’information, media par media (annonces légales, publicité, partenariats…), qui est rendu public.
- Les contrats entre la collectivité et les médias stipulent que ces derniers s’engagent à rendre public annuellement sur leurs propres supports d’information le montant total des financements perçus de la collectivité.
Commission municipale de l’environnement et Conseil de l’information environnementale
La Charte de l’environnement, document à valeur constitutionnelle, dit dans son article 7 que « toute personne a le droit, dans les conditions et les limites définies par la loi, d’accéder aux informations relatives à l’environnement détenues par les autorités publiques et de participer à l’élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l’environnement ».
Ce principe porte sur un champ très large, et comprend l’état des éléments (air, eau, sols…), les décisions, activités et facteurs (bruit, rayonnement, émissions, déchets, rejets…), l’état de la santé humaine, la sécurité et les conditions de vie des personnes, les analyses des coûts et des avantages des décisions publiques…
- Une Commission municipale de l’environnement (CME) est mise en place.
- La CME exerce une fonction de contrôle de l’engagement de la municipalité d’établir une évaluation environnementale des décisions publiques susceptibles d’avoir un impact dans ce domaine.
- Le président de la CME anime par ailleurs un Conseil de l’information environnementale composé à parité d’élus municipaux et de représentants des citoyens. Ces derniers sont associés à la définition des priorités et au choix des missions et des études en matière d’information environnementale de la municipalité et des citoyens. Ils sont pour moitié issus d’associations représentatives du domaine de l’environnement et pour moitié d’un tirage au sort sur une liste de volontaires.
Information des habitants, Open Data, Règlement Général pour la Protection des Données personnelles
Les habitants d’une collectivité doivent être informés des décisions qui les concernent et pour cela, le législateur a mis en place des obligations de publicité de l’information publique. La démarche d’Open Data (ouverture des données) doit permettre d’améliorer la transparence et la réutilisation des données de la collectivité par les citoyens et l’ensemble des acteurs économiques et sociaux.
- La municipalité applique rigoureusement les obligations de mise à disposition gratuite et en format ouvert prévues par la loi (délibérations, budgets, publications, accès aux documents administratifs, marchés, autorisations individuelles…).
- La municipalité établit un contrat avec un organisme indépendant chargé du contrôle de la qualité de la politique municipale d’Open Data (rapidité, exhaustivité, intelligibilité…), qui fait l’objet d’une communication une fois par an en Conseil municipal.
- La municipalité crée une direction de l’information publique, distincte des services chargés de la communication et de la promotion de la Ville, dont la mission unique est de veiller à la mise à disposition de tous d’une information exhaustive, pédagogique et accessible, dans tous les domaines relevant de l’action municipale.
La démarche d’ouverture en matière d’Open Data s’accompagne de nouveaux risques concernant les données produites et publiées. Le Règlement Général pour la Protection des Données personnelles (RGPD) a pour objectif de renforcer la protection des données et les droits des citoyens vis-à-vis de leurs données personnelles. Les obligations instituées par la loi sont nombreuses : protection des données sensibles, droit de traçabilité des données, droit d’opposition, droit à l’oubli et à l’effacement, sécurisation des systèmes d’information, obligation d’informer en cas de fuite de données.
En sus de ces obligations légales :
- Le Délégué à la Protection des Données propose, dans les six mois suivant le début de mandature, un plan d’application du RGPD, présenté en conseil municipal. Il y intègre la mise en place et le suivi d’un plan spécifique de formation des agents publics appelés à créer ou manipuler des données.
- La municipalité établit un contrat avec un organisme indépendant chargé du contrôle de l’application du RGPD (rapidité, exhaustivité, intelligibilité…), qui fait l’objet d’une communication une fois par an en conseil municipal.
Rédacteurs : Laurent Lhardit et Antony Sette
Décembre 2019
[1] La France n’est aujourd’hui qu’au 12ème rang des pays européens les moins corrompus, largement distancée par les pays scandinaves, l’Allemagne ou le Royaume-Uni – Indice de perception de la corruption publique 2018, Transparency International : https://www.transparency.org/cpi2018
[2] Gouverner Marseille. Enquête sur les mondes politiques marseillais (M. Samson et M. Peraldi, La Découverte, 2005)
[3] 61% des marseillais considèrent que leur ville « est en retard par rapport aux autres grandes villes de province dans la lutte contre la corruption, le clientélisme et la défense de la transparence municipale » (Sondage IFOP/FJJ, juin 2019)
[4] Voir la partie « Instance citoyennes et implication des citoyens dans l’observation de l’action publique »
[5] « Toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai au procureur de la République et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs. »
[6] La loi prévoit la mise en place obligatoire d’instances citoyennes : la Commission consultative des services publics locaux, les Conseils de quartiers, les Conseils citoyens et les Conseils de développement.
[7] Voir sur ce sujet le chapitre « Information des habitants, Open Data, Règlement Général pour la Protection des Données personnelles »Téléchargez le document Recent Posts
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✴︎ Non classé -
Les MGP, Sodexo, même combat…
Article du CeM, Collectif des écoles de Marseille
Au CeM, nous sommes avant tout des parents d’élève, mais également des travailleurs, salariés, indépendants, du privé, du public, certains dans le bâtiment, d’autres dans la recherche, dans l’enseignement, dans l’archéologie, dans l’éducation populaire, dans des théâtres, dans l’immobilier, certains cherchent à travailler, et enfin toutes et tous nous réfléchissons.
Le Marché Global de Performance (MGP) est apparu avec la refonte du code des marchés publics en un nouveau code : le code de la Commande Publique, refonte orchestrée par Emmanuel, ministre de l’économie de l’époque.
(là pour les plus âgés, nous avons hacké votre cerveau, une image d’Emmanuel Macron sur un fauteuil en osier vous est apparue)
Le MGP est ce qu’on appelle un mode de réalisation.
Historiquement, le mode de réalisation, le plus conventionnel depuis le début des années 80, est le mode de réalisation en maîtrise d’ouvrage publique dite en loi MOP, en allotissement.
𝙍𝙚𝙫𝙚𝙣𝙤𝙣𝙨 𝙨𝙪𝙧 𝙡𝙚 𝙢𝙤𝙙𝙚 𝙙𝙚 𝙧𝙚́𝙖𝙡𝙞𝙨𝙖𝙩𝙞𝙤𝙣 𝙚𝙣 𝙡𝙤𝙞 𝙈𝙊𝙋
Pour schématiser, l’allotissement est un fractionnement de la réalisation, nous allons tout d’abord séparer les études de conception, des travaux.
Ensuite pour les études de conception, nous allons distinguer les plans architecturaux, plans techniques (électricité, plomberie,…), les études énergétiques, de faisabilité, etc.
Idem pour les travaux, nous allons distinguer les travaux de gros œuvre, de la façade, de la toiture, de l’aménagement intérieur, de la sécurité incendie, du chauffage, des espaces extérieurs….
Et pour suivre l’avancement, la loi MOP prévoit des phases qui peuvent être plus ou moins détaillées selon la complexité du projet.
À chaque lot, peut être associé une entreprise différente.
On parle alors d’une maîtrise d’ouvrage qui est le demandeur (la ville), d’une maîtrise d’œuvre qui fait les études de conception (l’architecte et les Bureaux d’études) et d’entreprises qui font les travaux (un chauffagiste, un constructeur, un electricien,…).
Et tout ce monde là est régi par la loi MOP. On est clairement dans un mode projet avec contrôle, évaluation à chaque étape.
𝙍𝙚𝙫𝙚𝙣𝙤𝙣𝙨 𝙨𝙪𝙧 𝙡𝙚 𝙢𝙤𝙙𝙚 𝙙𝙚 𝙧𝙚́𝙖𝙡𝙞𝙨𝙖𝙩𝙞𝙤𝙣 𝙚𝙣 𝙈𝙂𝙋
Le MGP est contractuel dans un mode clé en main, on le dit anglo saxon car en Angleterre ce mode de réalisation est très répandu. La ville va contractualiser la construction avec une entreprise (le plus souvent une société porteuse du projet, constitué par son actionnariat de plusieurs sociétés, comme dans les PPP), elle va considérer son bâtiment qu’au travers les clauses du contrat.
L’ancien code des marchés publics prévoyait déjà cette possibilité : elle s’appelait la conception-réalisation, voir la conception-realisation-exploitation-maintenance (CREM), mais la complexité technique du projet devait justifier l’utilisation de ces dispositifs. Par exemple, une collectivité qui souhaitait construire un centre de gestion des déchets avec incinération pouvait justifier ce mode tant la complexité nécessite une responsabilité conjointe entre ceux qui réalisaient les études techniques de ceux qui réalisaient les travaux.
Désormais, avec le MGP, cette contrainte de la complexité technique n’existe plus, la seule contrainte de passer en mode MGP est de mettre une évaluation chiffrée des performances du projet réalisé, il y a donc nécessité que le contrat perdure sur l’exploitation et la maintenance du bâtiment construit pour évaluer que celui-ci reponde bien au cahier des charges et attentes fonctionnelles. Ce verrou de la complexité technique à sauté, tous les projets bâtimentaire peuvent désormais être réalisés dans ce mode.
Précision : une école publique est le projet bâtimentaire le plus représenté dans les collectivités, le plus connu, et le plus simple à construire.
𝘼𝙡𝙤𝙧𝙨 𝙥𝙤𝙪𝙧𝙦𝙪𝙤𝙞 𝙙𝙚́𝙘𝙧𝙞𝙚𝙧 𝙘𝙚 𝙢𝙤𝙙𝙚 𝙘𝙤𝙣𝙩𝙧𝙖𝙘𝙩𝙪𝙚𝙡 ?
Nous avons décidé de vous faire une analogie avec la Sodexo.
Les MGP sont au bâtiment ce qu’est la Sodexo à la restauration collective.
Il y en a qui vont vous dire que le principal est que mon enfant ait une assiette à table, d’autres vont vouloir de la qualité dans l’assiette de leur enfant, et d’autres voudront de la qualité dans l’assiette pour tous les enfants, et d’autres encore voudront de la qualité pour tous les enfants et que ce repas soit le fruit d’un travail local et raisonné.
Pour construire une école c’est la même chose : certains nous diront que le principal dans une école est qu’il y ait un toit et quatre murs pour leur enfant, d’autres diront un toit et quatre murs de qualité pour les enfants et les prochaines générations, d’autres encore diront de la qualité pour toutes les écoles de Marseille, et d’autres encore de la qualité pour toutes les écoles et que celles-ci soient conçues avec eux, notre ville et construites par nos entreprises locales.
Quand la ville signe un contrat avec la sodexo pour produire des repas à moins de 3 euros avec 50% de Bio, la Sodexo va produire des repas à moins de 3 euros avec 50% de Bio. Par contre le bio en grande partie sera dans le pain qui fait partie des éléments intrinsèques du repas, les fraises bio proviennent des serres industrielles, ou bien encore l’huile d’olive AOP de la région est servie une fois par an mais permet de dire qu’elle en utilise, etc etc…
Quand la ville signe un MGP avec Vinci pour construire une école avec 30% de PME, Vinci va effectivement utiliser des PME (une PME en France est definie par un Chiffre d’affaires qui peut aller jusqu’à 50M€, ce qui est énorme, nous préférons le préciser tant l’incompréhension du monde du travail semble flagrant pour certains), mais ne vous y trompez pas, les clauses de sous-traitance s’apparenteront aux conditions contractuelles de ceux qui récoltent les fraises dans les serres locales (voir les enquêtes de Marsactu et du ravi).
L’usage de la performance pour justifier les MGP dans le cas précis des écoles publiques est fumeux, les bâtiments doivent déjà répondre à des objectifs réglementaires de performance, mefi la ville ! il va falloir que ces performances soient encore plus exceptionnelles que ce que préconise la loi pour justifier ce contrat de performance. Nous disons ça au passage…
Tout comme la Sodexo, l’entreprise générale qui réalisera une école publique est là pour faire du bénéfice, et c’est normal, tous les angles du contrat seront exploités dans les moindres alinéas, les conditions de sous-traitance seront tirées au maximum.
Contrairement à la restauration scolaire, le coût en MGP est à minima aussi cher que la loi MOP, et bien souvent plus, majoration induite par la marge prise par l’entreprise générale sur la sous-traitance. Nous le voyons dans le projet des écoles, nous atteignons plus de 3200 euros le m2 pour de la rénovation d’écoles GEEP (avec pas mal d’inconnues) alors que les coûts habituels de construction d’école neuve sont autour de 2200 euros le m2.
Alors l’argument ultime est le délai, nos maîtrises d’œuvres et entreprises locales ne seraient pas en capacité de réaliser en temps eet en heure (comprendre avant la fin de la mandature), ça nous rappelle étrangement les arguments des PPPistes… il suffit de voir les dernières construction d’écoles marseillaises pour comprendre que les délais soient tenus. Enfin, faut-il encore que la ville instruise les marchés, il nous est rapporté que certains marchés de travaux des ecoles sont mis en stand bye par la ville. Encore une vision comptable des choses ? Et puis même si… même si… même si nous mettions 6 mois de plus pour un projet qui durera 60 ans ou plus, quelle importance … au fait est-ce que quelqu’un a estimé la durée de vie d’une école GEEP réhabilitée comparée à une école toute neuve ? parce qu’en plus de la payer plus cher qu’une école neuve, faudrait pas qu’elle dure moins longtemps… bref…
L’autre argument avancé par la ville est la difficulté pour les services d’assumer les taches techniques… Cette fâcheuse tendance à dénigrer les services commence à être un tantinet pénible. Nous rappelons juste que les écoles sont des projets des plus simples de la construction, que les agents sont évidemment qualifiés pour faire ce type d’opération, et que bien au contraire ils seront fiers de porter d’aussi beaux projets que de construire des écoles publiques pour les marseillais.
L’argument que nous apportons est l’impact socio-économique : comment imaginer que ne serait-ce que 85 M€ de travaux publics échappent aux entreprises locales. D’autant plus s’ils sont les prémisses du fameux milliard tant attendu. Avec tous les travaux à réaliser sur toutes les écoles, il n’y aurait pas moyen de faire des filières d’apprentissage, de mobiliser les PME, de former les TPE PME à la commande publique, la capeb, les archis, les bureaux d’études ? Quand on construit une école, il y a de la prestation intellectuelle, des architectes, des études, thermiques, vrd, électricité, chauffage, coût global, gros œuvre, structure,… Il y a des entreprises du bâtiment : des électriciens, des facadiers, des paysagistes, des couvreurs, des maçons, des chauffagistes,… Quel est l’intérêt de faire des travailler des ingénieurs d’études à Courbevoie ? Quel est l’intérêt de faire fonctionner des entreprises en sous-traitance qui elles mêmes feront de la sous-traitance…
L’argument également que nous refutons est cette course comptable, la politique de notre ville est pilotée (en mode automatique) par le service comptable et par le fatidique « c’est compliqué ». Nous avons mal pour les quartiers prioritaires, la ville se focalise sur les quartiers de l’ANRU, c’est très bien, mais nous avons la désagréable et nauséabonde sensation que celle-ci est avant tout pilotée par le financement. Nous nous apprêtons à reproduire les erreurs. Comment peut-on par exemple imaginer la suppression de deux bâtiments sur trois pour concentrer une école maternelle et une école élémentaire, et un réfectoire dans un seul bâtiment. Alors même que nous avons besoin de tiers lieux, d’endroits partagés, de communs, de salles de travail connectées à internet, de bibliothèques, de services décentralisés de la mairie, et d’outils de quartiers. Seul un esprit comptable technique peut décider de faire ceci. Quand nous lisons que le taux de retard en entrée en sixième est de 20% sur La Castellane alors que sur le reste de la ville il est de 12%, nous nous disons qu’une belle école sera bien mais qu’il faut d’autres lieux communs (https://sig.ville.gouv.fr/Territoire/QP013051) que la place de l’école dans les quartiers prioritaires, dans toute la ville doit aller au-delà de la simple classe.
L’argument comptable continue aussi en disant que c’est l’état qui impose les MGP, argument faux et contredit par la CAPEB qui a rencontré les services du ministère de l’économie et qui leur a clairement posé la question.
Et puis faire et défaire est le meilleur moyen de démotiver les troupes, notre petit doigt nous dit que certains projets étaient dans les cartons pour partir en loi MOP, et que toutes les études sont désormais à refaire…
La vérité est tout simplement dans politique politicienne, les MGP font croire à une exécution simplifiée et rapide de travaux de construction par un simple contrat à 85M€ expédié en 6 mois. Ne vous y trompez pas, ces 85M€ financés en partie par des aides de l’état sont nécessairement de l’argent contribuable, marseillais ou non, argent issu du monde du travail, Il est du devoir de la ville de les dépenser avec justesse et respect.
L’ensemble de ces enjeux, messieurs Payan et Ganozzi les connaissent bien, de part leur participation déterminante à la lutte au sein du Collectif contre les PPP (où les MGP étaient déjà pressentis en plan B).
Au-delà des MGP, de la Sodexo, c’est la vision de la ville et de sa puissance de décider pour elle même qui est en jeu. Il est important pour une action publique qui s’inscrit dans la durée que sa maîtrise d’ouvrage publique soit forte. Notre maîtrise d’ouvrage publique a été négligée et maltraitée pendant plus de 20 ans, il est de la responsabilité de la ville de la redorer, de lui redonner pleine puissance. En prenant les MGP, elle continue le travail des 20 dernières années …
Nous espérions que notre ville nous fasse rêver, nous embarque dans le monde de l’économie réelle, sociale et solidaire non ?! dans un monde plus juste, plus vert non ?! nous sommes d’autant plus attristés que des partis politiques, des syndicalistes promeuvent cette vision des MGP.
Bref, MGP, Sodexo, même combat… et tant que l’argument opposé sera « c’est compliqué » ou « c’est la dette » nous continuerons.
Bon 1er mai à toutes et tous
Comme tous les ans, nous défilerons pour cette fête des travailleuses et des travailleurs et de toutes les luttes sociales.
Ville de Marseille
Syndicat des Achitectes des Bouches-du-Rhône SA13
CAPEB
SNUipp-FSU
SNUipp-FSU 13
UD CGT 13
SUD éducation
Force Ouvrière
UNSaParti Socialiste
Mad Mars
PCF – Parti Communiste Français
Place publiqueMarseille #mgp #ecoles
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Aller négocier la dette avec les dents
Petit point rapide sur la dette de notre ville, à ce jour, la dette est estimée à 1 541 407 975€ et 35 centimes. Ce qu’on appelle dette est le capital emprunté qui reste à rembourser. Le montant des intérêts que nous payons sur ce capital emprunté est ce qu’on appelle le coût de la dette, il est approximativement de 37M€ pour cette année. Nous rembourserons cette année un peu moins de 200 M€ de cette dette.
Prenons l’exemple d’un emprunt que vous avez réalisé pour acheter une maison en 2015, emprunt de 500 000 euros à 1,5% par an sur 25 ans, cela va donner ceci : une mensualité constante comprenant un amortissement du remboursement de capital emprunté (vos 500 000 euros) et une rémunération du banquier (les intérêts).

La ville, de la même manière, a régulièrement besoin de faire appel à l’emprunt pour financer ses investissements (construction d’une école, d’une bibliothèque, … ). Il y a des prêts financiers classiques par amortissement, In Fine, ou plus complexe avec d’autres règles. Il y a des emprunts obligataires. Bref … ce qu’il faut retenir est que la dette est constituée de lignes de prêts.
La dette de la ville est constituée de 140 lignes de prêts. Les plus anciens datent de 2001. Chaque ligne a des conditions particulières principalement la durée, le taux d’intérêt, le montant restant à remboursé aujourd’hui, le type de taux (fixe, variable, ou combinaison fumeuse des deux).
Ces 140 lignes de prêts sont consultables dans les comptes administratifs, ou dans le Budget primitif de la ville (https://www.marseille.fr/mairie/administration-de-la-commune/le-budget) :
- Compte administratif 2020 :
- p.161 première partie du tableau
- p.168 seconde partie du tableau
- Budget Primitif 2021 :
- p.86 première partie du tableau
- p.92 seconde partie du tableau
L’archivage des comptes administratifs de la ville depuis une quinzaine d’années est fait ici : http://citoyen-ne-s-de-marseille.fr/wp-files/eg-transparency/?VILLE/COMPTES%20ET%20BUDGETS
Pour l’analyse qui suit nous nous sommes appuyés sur le budget primitif 2021.
Lors de notre revue quinzomadaire du recueil des actes administratifs (https://www.marseille.fr/mairie/conseil-municipal/recueil-des-actes-administratifs#), nous découvrions dans l’édition n°626 du 15 avril 2021 que notre direction de la dette avait réaménagé des emprunts auprès de la caisse de financement local (la CAFFIL) en 3 lots.
La CAFFIL (https://caissefrancaisedefinancementlocal.fr/) est détenue à 100 % par la banque publique de développement française SFIL, c’est une société de crédit foncier refinançant des crédits à des entités du secteur public grâce à l’émission d’obligations foncières.
Nous parlons bien ici de réaménagement d’emprunts de la CAFFIL avec la CAFFIL. En fait il s’agit de 11 lignes de prêts que nous avons coloriées ici (pour vous faciliter la lecture nous avons extrait les deux tableaux consécutifs qui détaillent les lignes de prêts) :
Les 11 lignes sont les suivantes :

Soit un cumul de 211 854 334 € et 64 centimes qui ont du être renégociés, pardon, réaménagés. Bien évidemment, ce sont les taux importants qui sont remaniés, mais également un emprunt tout juste pris de 25M€ à peu près au taux de 1,5%, ce qui est plus étonnant. Le réaménagement va consister à rembourser le capital restant dû de ces 11 lignes de crédit, et le remboursement se fera par un nouvel emprunt sur 12 ans et 2 mois, à 1,5% par an de 229 M€, alors, pour ceux qui suivent, ils auront effectivement levé un sourcil, car nous empruntons 229 M€ pour rembourser 212M€ … euhh … ils passent où les 17M€ ?
Ces 17,3M€, pour être exact, concernent l’indemnité compensatrice dérogatoire due au refinancement, soit à peu près 8% du capital remboursé. Donc ça c’est le premier effet de l’aménagement de ces lignes de prêts : on augmente de 17,3M€ notre dette, qui ne concerne en rien de l’investissement puisqu’elle correspond à une indemnité, soit l’équivalent d’un groupe scolaire et de 1 ou 2 bibliothèques.
Le deuxième effet, positif cette fois, est la réduction du coût de cette dette à hauteur de 9,3M€ sur la période empruntée, réduction induite par une baisse des taux.
Le troisième effet est obtenu par le lissage de cette dette : un effet immédiat sur la réduction à la fois du coût de la dette (budget de fonctionnement) et du remboursement de la dette (budget d’investissement) pour les 6 prochaines années.
La première année par exemple nous diminuons de moitié (3,5M€) le coût de la dette pour ces 11 lignes de prêts, soit 3,5M€ de plus pour le budget de fonctionnement (nous le rappelons : le coût de la dette, c’est à dire les intérêts, sont payés sur le budget de fonctionnement, on peut voir ça comme une redevance que nous payons aux banques pour avoir utiliser leur argent) :

En grisé l’évolution des intérêts si le réaménagement de la dette n’avait pas eu lieu, en orange les nouveaux montants d’intérêt. La première année, également, nous diminuons de plus de 5M€ l’effort de remboursement du capital de ces 11 lignes de prêts, soit 5M€ en moins à financer sur le budget d’investissement :

En grisé, le capital que nous aurions eu à rembourser avant le réaménagement, en bleu le capital que nous rembourserons C’est certainement une excellente stratégie à court terme, pour les finances de la ville, et surtout pour les agences de notations qui ne regardent pas plus loin qu’à deux ou trois ans, et les futurs candidats au second mandat.
Bon par contre, le dernier effet pas des moindres, sera un effort considérable de 2029 à 2032 pour rembourser les prêts et le coût de ce réaménagement de 17,3M€, augmentant d’autant l’effort pour le budget d’investissement. mais ça, c’est dans 8 ans.
Bref… le 1er mai, la ville verra atterrir 229M€ sur ses comptes qui repartiront aussitôt pour rembourser 217M€ de capital à la CAFFIL et indemniser toujours la CAFFIL à hauteur de 17,3M€ … ou comment créer 17,3M€ de valeur en une fraction de seconde …
Le solde : sur l’opération, nous allons effectivement baisser de 12 M€ le coût de notre dette sur les 12 années par la baisse des taux d’intérêts, mais nous avons dans le même temps augmenté notre dette (le capital à rembourser) de 17,3M€ par la prise en compte des indemnités compensatrices pour la CAFFIL.
Le coût de la dette actuelle (c’est à dire les intérêts versés aux banques pour nos 140 lignes de crédit) est approximativement de 37M€ par an, la ville diminue donc ce coût de la dette pour cette année et l’année prochaine de 10% approximativement. C’est une bonne chose pour les agences de notation. Mais cela aura inévitablement un impact sur les investissements pour 2029, 2030, etc comme nous l’avons vu. Mais là ce sera sur une autre histoire et surtout une autre mandature…
Bref, comme dit notre maire, Joël Canicave est allé négocier la dette avec les dents, nous avons l’impression qu’on y a laissé quelques dents en or …
Nous pensons qu’il est temps de rendre hommage à Bernard Maris : https://www.youtube.com/watch?v=B6H2v4DaEyo
Et bien sûr nous pouvons nous tromper …
- Compte administratif 2020 :
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✴︎ ArticlesValmer, la villa, le jardin et le parc
Cet article n’est pas terminé, manque de temps …
Nous allons vous conter ici l’histoire de la Villa Valmer, de son jarin et de son parc.
Historique
Une bastide du XIXe protégée
Source : https://www.laprovence.com/article/economie/4165352/marseille-villa-valmer-5-etoiles-sinon-rien.html, par Audrey Savournin
Acquise par la Ville en 1967, la Villa Valmer a été édifiée en 1865 par l’architecte Condamin pour Charles Gounnelle, un riche fabriquant et négociant d’huile salonais. De style Renaissance, cette bastide de trois étages avec sous-sol (1 400 m2), initialement baptisée « Vague de mer » contracté en Valmer, fait l’objet d’une préservation intégrale au titre du PLU et se trouve dans un périmètre de protection des monuments historiques soumis à l’avis de l’architecte des Bâtiments de France. Elle est nichée dans un jardin public orné de rocailles remarquables, face à la mer. Un bâtiment plus récent de deux niveaux (1 100 m2), un atelier (150 m2) et une annexe (73 m2) y sont associés.
1999 – Classement au patrimoine
Par la délibération du 19 juillet 1999, et sur le conseil de Monsieur l’Architecte des Bâtiments de France, Monsieur le Maire (Jean-Claude) a adressé à Monsieur le Préfet de Région ainsi qu’à la Direction Régionale des Affaires Culturelles, une demande de classement, au titre de la législation du 31 décembre 1913 sur les Monuments Historiques, de vingt-trois nouveaux édifices, dont dix à titre prioritaire. Parmi ces 10 édifices, figure la villa Valmer, qui était alors siège de l’agence de l’urbanisme.
2001 – Rénovation du parc
Par la délibération du 27 novembre 2000, est approuvée la réalisation de l’opération “ Remise à niveau des Grands Parcs 3ème tranche ” qui comprend les parcs Central, Valmer, Emile Duclaux, Grand Séminaire et François Billoux dans la limite d’une autorisation de programme fixée
à 1,500 MF. 300 000 F sont prévus pour le parc Valmer (dépenses réalisées à retrouver).2002 – L’AGAM déménage
L’Agence d’Urbanisme de l’Agglomération Marseillaise (AGAM), association Loi 1901, est subventionnée par ses membres (la Ville de Marseille, la Communauté Urbaine, des communes de l’agglomération et l’Etat), sur la base d’un programme partenarial d’activité.
Dans le cadre de la préparation du Budget 2002, l’AGAM a sollicité de ses deux principaux financeurs, la Ville de Marseille et la Communauté Urbaine, une augmentation identique de leur contribution pour lui permettre de faire face à la charge exceptionnelle liée à son déménagement. Il a en effet été décidé que l’Agence quitte la Villa Valmer pour s’implanter en centre ville, dans l’ancien hôtel « Louvre et Paix » au 53, la Canebière. Elle y sera locataire de Marseille Aménagement, qui va y installer ses bureaux et réalise actuellement les travaux d’aménagement de l’ensemble des locaux. Par la délibération du 11 mars 2002, la quote-part prise en charge par la Ville pour le déménagement est estimée de 1 147 255 euros correspondant au besoin supplémentaire lié au déménagement (loyers capitalisés, mobilier, câblage informatique, téléphonie, frais de déménagement …).2002 – Implantation d’un bureau régional de la Banque Mondiale à l’étude
Par une délibération du 24 juin 2002, est approuvé le principe de l’étude pour l’implantation d’un Bureau Régional de la Banque Mondiale dans le bâtiment « Villa Valmer » 271, Corniche Kennedy – 13007 Marseille, L’Autorisation de programme pour les études est de :
exercice 2002 : 90 000, 00 Euros TTC
exercice 2003 : 70 000, 00 Euros TTCPar une délibération du 16 décembre 2002, est approuvé cette fois, l’Autorisation de Programme pour les travaux estimée à 698 000 Euros TTC et ventilée selon l’échéancier prévisionnel des crédits de paiement suivant :
exercice 2003 : 598 000, 00 Euros
exercice 2004 : 100 000, 00 Euros TTC.Par une délibération du 24 mars 2003, bon en fait il faut plus d’études, donc il est nécessaire de créer une seconde opération afin de lancer les études préalables à l’aménagement de la Villa VALMER ainsi que les études de diagnostic des structures, de la charpente et de la couverture de l’édifice. Une autorisation de programme de 40 000 € sur 2003 est ainsi approuvée.
Par une autre délibération de ce 24 mars 2003, il est rapporté que la zone sud du parc est vieillissante : les cheminements piétonniers sont dégradés ainsi que les clôtures et l’espace boisé ne met pas en valeur les arbres les plus remarquables. Il est apparu donc opportun de réhabiliter cet équipement de prestige et d’approuver une autorisation de programme de 215 000 Euros, qui permettra la réalisation des travaux liés à l’aménagement de la zone sud du Parc Valmer. Les travaux seront réalisés, sur les marchés à bons de commande de la Ville.
Toujours cette même année, dans une délibération du 15 décembre 2003, il est rapporté que le Secrétariat d’État aux Affaires Étrangères (Dominique de Villepin) a sollicité la Ville de Marseille pour l’installation d’une antenne de l’ONUDI (Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel) sur le territoire de la commune. Le choix du site s’est porté sur des locaux de la Villa Valmer. La réalisation des travaux nécessaires à cet aménagement nécessite à nouveau l’approbation d’une autorisation de programme de 50 000 Euros. Il y est précisé que compte tenu de l’urgence de ces travaux, ceux-ci seront réalisés en marchés sans formalités préalables conformément à l’article 28 du Code des Marchés Publics…
Par une délibération du 5 février 2004, est approuvée la convention de la miseà disposition des locaux à la Banque Mondiale. En partenariat avec cette antenne de la Banque Mondiale, la Ville de Marseille développera des actions de formation qui concerneront plus particulièrement les cadres des villes de la région MENA ainsi que l’organisation de séminaires qui permettront de valoriser le savoir-faire de la Ville ainsi qu’un échange d’expérience profitable à l’ensemble des parties. Il est signalé également que la Ville installe dans un autre bâtiment annexe de la Villa Valmer l’antenne de l’ONUDI, qui viendra conforter la volonté de la Ville de faire de ce site un pôle d’excellence, d’accueil, d’échanges, de formation, d’expertises et d’aide au développement en direction de la Méditerranée et au niveau international.
Le 3 octobre 2005, est approuvé l’autorisation de programme pour l’acquisition d’équipements de visioconférence à hauteur de 50 000 Euros pour la Banque Mondiale …
Le 14 novembre 2005, est approuvée une Autorisation de Programme de 452 000 € pour l’aménagement de l’annexe de Villa Valmer : dans la continuité de cette coopération internationale, la Ville de Marseille envisage d’accueillir également le Secrétariat Général du Comité et Gouvernements Locaux Unifiés (C.G.L.U.), ainsi que le Centre d’Expertises et de Ressources de la Méditerranée.
Le 2 octobre 2006, est approuvée la convention d’uilisation des locaux avec l’ONUDI, accompagné d’un chèque de 72 000 € de bienvenue, pardon de soutien. Cette subvention fera l’objet d’un rapport annuel de la part du Bureau de l’ONUDI qui permettra de suivre son utilisation et les activités qu’elle aura permis d’accompagner.
Le 25 juin 2007, est approuvée l’acquisition de nouveaux équipements pour la visioconférence pour un montant 23 000 € toujours pour la Banque Mondiale …
Toujours à ce conseil municipal du 25 juin 2007, est approuvé le principe de recrutement d’un agent municipal pour gérer tous ces équipements hightech pour la Banque Mondiale. Il est convenu alors d’indiquer qu’il pourrait être nécessaire de recourir à un agent non titulaire afin de pourvoir cet emploi, dans le cadre des dispositions des articles 3 alinéa 5 et 34 de la loi n°84-53 du 26 janvier 1984. Ce qui sera certainement le cas…
Le 1er octobre 2017, Est approuvée la réalisation des travaux nécessaires à l’installation de nouvelles institutions contribuant au rayonnement de la Ville de Marseille en lançant une opération de réhabilitation complète du 2ème étage, et en urgence l’ajout de quatre bureaux au 1er étage pour accueillir le LenCD. L’autorisation de programme est de 785 000 €.
Toujours le 1er octobre, est approuvée la subvention (désormais annuelle) de 72 000€ pour L’ONUDI.
Le 30 juin 2008, est approuvée la subvention de 80 000€ pour L’ONUDI.
Le 15 décembre 2008, est approuvée l’autorisation de programme relative aux études de maîtrise d’oeuvre et de prestations intellectuelles pour l’aménagement du bâtiment principal de la Villa Valmer pour un montant de 1 000 000 d’Euros. pour accueil ce « hub » d’opérateurs qui devrait renforcer et développer l’action internationale de la ville avec ses partenaires du Bassin Méditerranéen et d’élargir ainsi sa sphère d’intervention sur la rive Est de la Méditerranée, mais aussi de conforter son statut de grande métropole internationale. Ce projet présidentiel d’Union pour la Méditerranée devait constituer une opportunité pour
Marseille d’être un acteur incontournable de ce processus de refondation des relations euroméditerranéennes. Ce hub s’appelera le Centre de Marseille pour l’Intégration en Méditerranée (CMIM).Le 25 mai 2009, est approuvée la subvention de 80 000€ pour L’ONUDI.
Le 5 octobre 2009, est approuvée la convention avec le CMIM.
Le 14 décembre 2009, est approuvé l’accord de partenariat avec l’Agence Francaise de Développement. L’AFD intervient en faveur des États, des entreprises publiques et privées, du secteur financier, des collectivités locales et du secteur associatif. Elle s’intéresse au développement local, urbain et rural, et conduit avec les bénéficiaires de ses concours un certain nombre de projets associant des acteurs de coopération décentralisée. L’AFD a ainsi signé des accords de coopération avec plusieurs grandes villes françaises parmi lesquelles Toulouse, Paris, Bordeaux et Rennes, ainsi que Lille Métropole et la Communauté Urbaine du Grand Lyon.
Elle souhaite alors développer un partenariat avec la Ville de Marseille compte tenu de sa coopération décentralisée très active. La Ville de Marseille pourrait ainsi bénéficier de l’expertise et du soutien de l’Agence Française de Développement pour mener ses actions de coopération.Le 29 mars 2010, est approuvée la subvention de 80 000€ pour L’ONUDI. Le 29 mars, est également approuvée la subvention de 95 600 € pour l’association Cités Unies France pour le fonctionnement de la Commission Méditerranée de Cités et Gouvernements Locaux Unis.
Le 6 décembre 2010, est approuvée l’affectation de 300 000 € de l’autorisation de programme « Culture et Rayonnement International » afin de lancer les études de maîtrise d’oeuvre et autres études de prestations intellectuelles connexes à ce projet pour la réhabilitation du 1er étage de la bâtisse et la réalisation de l’accessibilité (handicapés et sécurité).
Le 7 février , est approuvée la subvention de 191 200 € pour l’association Cités Unies France pour le fonctionnement de la Commission Méditerranée de Cités et Gouvernements Locaux Unis pour 2011 et 2012.
Le 4 avril 2011, est approuvée la subvention de 10 000€ pour l’OIM.
Le 16 mai 2011, est approuvée la subvention de 80 000€ pour L’ONUDI.
Le 7 octobre 2013, est approuvée l’affectation de l’autorisation de programme « Mission Direction Générale des Services », année 2013, à hauteur de 2 500 000 Euros pour les travaux d’aménagement.
Le Projet Immobilier
Etape 1 – Principe de Bail enphytéotique
Le 9 avril 2018, est approuvé le principe de mise à disposition par bail emphytéotique administratif au profit de la SCI FIMO représenté par Monsieur Pierre Mozziconacci du bien immobilier Villa Valmer situé 271, corniche Kennedy dans le 7ème arrondissement de Marseille, situé sur une parcelle cadastrée quartier Endoume Section E n°8 d’une superficie
d environ 6 738 m², avec une emprise au sol des bâtiments de 1 276 m² et une surface non bâtie de 4 274 m² tel que figurant en hachuré sur le plan ci-annexé, pour un montant à déterminer suivant l’avis de la Direction Immobilière de l’Etat.Nous y lisons :
Le périmètre de l’appel à projets porte essentiellement sur l’ensemble des élements bâtis du site, les voies sur la butte permettant l’accés aux bâtiments, ainsi qu’une petite frange de parc permettant une interface entre le projet et le parc. La majeure partie du parc de la Villa Valmer reste parc public.
Il est bien convenu que le parc reste public….
Etape 2 – Approbation Bail enphytéotique
Avec un projet culturel à l’appui accessible au public 365 jours par an.
11 mai 2019 : https://mobile.twitter.com/BenoitPayan/status/1127228555602087936

13 mai 2019 : https://marsactu.fr/bref/benoit-payan-ps-depose-un-recours-contre-le-futur-hotel-a-la-villa-valmer/
20 mai 2019 : https://gomet.net/amenagement-benoit-payan-conteste-le-projet-dhotel-a-la-villa-valmer-devant-le-tribunal/
27 août 2019 : https://gomet.net/la-mairie-de-marseille-delivre-le-permis-de-construire-pour-lhotel-a-la-villa-valmer/
5 octobre 2020 : https://madeinmarseille.net/76885-bistrot-guinguette-residence-dartistes-le-nouveau-destin-de-la-villa-valmer/
Ah oui au fait, les organisations qui étaient dans les locaux de la Villa Valmer sont relogées à titre gracieux dans la Tour La Marseillaise, le loyer payé par la ville.
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