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Notre test de l’élection du socialiste Benoît Payan, le 21 décembre, au poste de maire de Marseille – Décembre 2020

21 décembre 2020 · par Jean-François Poupelin · Citoyenneté · Citoyens · Commune · EELV · FN / RN · LR · Municipales · Politique · PS

Notre test du conseil municipal, ce 21 décembre, où le socialiste Benoît Payan, le premier jour de l'hiver, a été élu maire de Marseille par les élus du Printemps marseillais, suite à la démission de l’écologiste Michèle Rubirola.

07:50

Jeu d’ombre et de lumière, ce lundi 21 décembre, au premier étage de la mairie centrale de Marseille. Le socialiste Benoît Payan traverse les hautes fenêtres éclairées du bureau du premier adjoint. Un bureau qu’il va laisser à l’écolo Michelle Rubirola (EELV), qui a démissionné du poste de maire, six jours plus tôt, le 15 décembre. Si le jeu de passe-passe n’a pas fait trop de remous dans la majorité du Printemps Marseillais (union de la gauche, écologistes, citoyens) élue en juillet dernier, il fait grincer les dents de nombreux électeurs et sympathisants, pas franchement heureux de se retrouver avec un apparatchik socialiste après avoir voté pour une femme écolo et médecin (lire notre article).

08:02

De la foule venue le 4 juillet soutenir Michèle Rubirola contre toute tentative de putsch de la droite, ne reste qu’une trentaine de mécontents. Dont des militants du Collectif des écoles de Marseille qui réclament haut et fort du personnel dans les écoles, en réponse à la négociation de la ville avec FO, l’UNSA et la CFE-CGC sur une limitation du droit de grève. Ancienne maire des « 4/5 », la LR Marine Pustorino, qui était de l’aventure du dissident Bruno Gilles, boit du petit lait : « Tous ces citoyens engagés se rendent compte qu’en politique il faut avaler des couleuvres. »

08:11

Ancien adjoint (LR) à la gestion et la prévention des risques de Jean-Claude Gaudin, mis en examen à ce titre dans l’enquête sur la mort de huit personnes dans l’effondrement de deux immeubles rue d’Aubagne il y a deux ans, Julien Ruas fait son entrée sous les quolibets et les sifflets.

08:36

Costard bleu sombre sur chemise bleu ciel, notaire de formation, assis dans le siège de maire, Benoît Payan rappelle les conseillers municipaux à l’ordre. Consciencieusement, il recoiffe sa mèche. Un de ses tics.

Sans « bonne maire », un goût amer

08:45

Pantalon en cuir, chemisier coloré et masque rouge, Samia Ghali, ex sénatrice et ex socialiste, partenaire de la majorité, sort se servir un café dans la salle des pas perdus. Contrairement au mois de juillet, les négociations avec le Printemps marseillais ont été menées en amont du conseil. Aujourd’hui, elle ne fera pas monter des enchères, déjà hautes. Elle aurait négocié la tête de liste de la gauche aux prochaines élections départementales. Dans l’hémicycle, le député (LR) Guy Tessier, doyen de l’assemblée, remplace Benoît Payan le temps du vote. Ce dernier reprend sa place entre Olivia Fortin (société civile, collectif Mad Mars), une proche, et Michèle Rubirola.

08:50

Guy Tessier tacle la majorité sur cette nouvelle élection, qui s’impatiente bruyamment. Coup de sang de l’ancien para : « Je vais vous supporter pendant cinq ans, vous pouvez bien m’écouter pendant cinq minutes ! »

08:53

Pour le Printemps Marseillais, Michèle Rubirola propose Benoît Payan au poste de maire. La droite et le RN annoncent qu’ils refusent de participer au vote, mais seuls les LR quittent l’hémicycle. Le sénateur Stéphane Ravier, chef de l’extrême droite locale, drapé dans son col roulé noir, en profite pour vociférer contre « une gauche arrogante et anti-démocratique ».

09:00

Début du vote.

 

09:13

Benoît Payan puis Michèle Rubirola déposent leurs bulletins dans l’urne sous les flashs des photographes.

09:18

Décompte des votants. Les « Benoît Payan » succèdent aux « Benoît Payan ». Ça rigole dans la tribune de presse : « C’est de l’auto-persuasion ? De l’hypnose ? »

09:20

Benoît Payan est déclaré nouveau maire de Marseille, à l’unanimité des 53 votants et sous les applaudissements des élus, debout, de la majorité. Lui, reste assis. Michèle Rubirola doit se pencher pour faire la bise.

09:23

« Ça rappelle les grandes heures de Moscou », commente le RN Bernard Marandat. Qui s’y connaît en régimes autoritaires. Comme l’a révélé le Ravi, l’élu des « 6/8 » lors des dernières municipales a rendu hommage à un ami avec comme dédicace : « le fascisme, c’est la fête ! ».

09:25

Michèle Rubirola s’emmêle les pompons en revêtant Benoît Payan de l’écharpe tricolore. Pour cause de Covid, le nouveau maire de Marseille et sa nouvelle première adjointe gardent le masque pour la photo. Stéphane Ravier, très en forme : « Jusqu’au bout vous aurez avancé masqué ! »

09:27

La droite fait son retour dans l’hémicycle, Benoît Payan recoiffe sa mèche puis se lance dans son discours d’investiture. Il attaque sur le Printemps marseillais et fait un parallèle entre son engagement politique et celui des citoyens, histoire de faire taire les critiques. Puis il rend un hommage à Michèle Rubirola. Mais pas jusqu’à lui avouer que, sans elle, il ne serait certainement pas à cette place.

09:42

« Marseille appartient à ceux qui y vivent », conclut Benoît Payan en citant le romancier marseillais Jean-Claude Izzo. Avant de jurer, la main sur le cœur : « C’est mon rêve, ma promesse. » Commentaire de Sabine Bernasconi, ancienne maire (LR) des «1/7» et vice-présidente à la culture du Conseil départemental : « Maintenant au boulot ! » Le nouveau maire préfère savourer et suspend la séance.

Notre test du conseil municipal ayant élu Michèle Rubirola